Fin de la conception sécuritaire d'Oslo
Méïr Indor
Lieutenant-colonel de réserve et secrétaire général de l’organisation des victimes du terrorisme Almagor
La nouvelle conception de la sécurité, basée dans son ensemble sur le repli et la fortification derrière des barrières, s’est définitivement écroulée à Kerem Chalom.
Les évènements de cette fin de semaine ont prouvé que rien ne peut remplacer la présence de Tsahal dans les territoires à partir duquel le terrorisme s’organise.
La région qui a été évacuée s’est remplie de dizaines de groupuscules d’organisations terroristes et de centaines de commandos armés jusqu’aux dents, en partie par les organisations officielles et pour le reste de leur arsenal, (missiles anti-chars…) il leur parvient librement par l’axe de Philadelphie, lequel par une erreur israélienne de plus, à été abandonné aux mains des Palestiniens sous la «bonne garde» des Egyptiens.
Ceux qui ont remplacé les soldats de Tsahal par des combattants ennemis et qui leur ont procuré des armes, en s’imaginant qu’ils allaient faire le travail à notre place dans la bande de Gaza, nous ont fait cadeau d’un nouveau Moyen-Orient, qui nous fait languir le précédent.
Plus nous avons avancé vers ce nouveau Moyen Orient et ses plans de «Paix» avec les terroristes «d’hier», et plus nous avons empiré notre situation sécuritaire.
De 160 victimes durant les 12 années qui ont précédé l’accord d’Oslo,
nous sommes passés à 1350 victimes.
Les architectes d’Oslo essaient ces derniers temps de minimiser la gravité de la catastrophe sécuritaire qu’ils ont provoquée.
A titre de rappel : si, avant Oslo, il y avait à peine quelques dizaines d’armes dans la bande de Gaza, à présent, ils ont un arsenal fantastique, composé de dizaines de milliers d’armes, que nous les avons aidés à composer. Ajoutez à cela les budgets, les entraînements militaires élémentaires et plus approfondis (dans le cadre de ces entraînements, ont-ils été préparés à l’attaque du poste de Kerem Chalom, allez savoir…) et vous obtenez la recette de la hausse vertigineuse du nombre d’attentats. Sans parler des systèmes de propagande et des médias dont nous leur avons fait cadeau et qui sont devenus des systèmes d’incitation à la violence contre nous.
Mais ce n’est pas seulement la conception sur laquelle se basait Oslo (la prophétie selon laquelle les terroristes «modérés» se battraient contre leurs camarades pour nous défendre) qui s’est effondrée comme un château de cartes.
Avec elle, toutes les promesses qui furent formulées à la veille du retrait de la bande de Gaza se sont effondrées, comme par exemple : «s’ils osent broncher, nous nous installons de nouveau dans la région et nous confisquons toutes les armes dispersées dans l’Autorité palestinienne ! »
A la vue de cette avalanche, les sages de cette génération ont cherché une solution : éliminer l’Autorité palestinienne comme promis ? Jamais !
A présent, alors que nous avons toutes les raisons pour expliquer au monde pourquoi l’Autorité palestinienne n’a pas de raison d’être, dès l’instant où le pouvoir est passé aux mains du Hamas, les responsables de cette catastrophe refusent de reconnaître publiquement leur échec. Ce serait un grief politique irréversible !
Alors que faire ? On invente une conception de rechange : retrait et repli de l’autre côté de la barrière. Et retour à la case départ : Eux là-bas et nous, ici !
Durant les mois qui se sont écoulés depuis la «séparation unilatérale», il a été prouvé que la barrière ne peut rien contre les bombardements et qu’«ils» sont encore «là» dans nos salons de Sdérot et d’Ashkelon.
A présent, à Kerem chalom, il a été prouvé que la barrière ne peut rien non plus contre les infiltrations de terroristes et contre les tirs directs.
Si nous les attendons derrière nos fortifications et nos barrières, ils parviendront jusqu’à nous, à l’aide d’échelles ou de tunnels.
Mais « Israël n’est pas perdu ! » Il y a une solution : depuis les graves évènements de cette fin de semaine, nos ministres font une compétition : c’est à qui formulera les plus effrayantes menaces, brandissant le «bras long» qui mettra la main sur les terroristes !
Aux yeux des terroristes, ce «bras» s’est considérablement raccourci ces dernières années.
Mais grâce au renfort des médias, une grande partie du public continue de croire ce baratin et tant que ce sera le cas, rien ne changera.
En attendant, ceux qui paient le prix de cette catastrophe, ce sont les victimes de ce même terrorisme.