Le génocide et les éboueurs

Publié le par Ofek

Isaac Franco - Primo Europe, Bruxelles

 

 

Il y a quelques semaines, la France blâmait « l’intolérable de la fatwa contre Robert Redeker, en faisant sans vergogne la leçon au philosophe, coupable de ne pas avoir modéré ses propos ».

 

(Laurent Murawiec - Metula News Agency - 14.10.06)

« Apaiser ceux qui chez soi menacent de mort la libre parole et exigent que la Nation se plie aux usages qui lui sont étrangers » (id.), est aussi indigne et insensé que faire le procès de ceux qui leur demandent de rendre compte de leurs véritables intentions.

 

 

« La puanteur de l’abdication émane des palais de la République, l’avachissement de l’abandon y trône, satisfait, pleutre, repu.

 

L’affaire Redeker nous tend un triste miroir : Marianne s’y contemple, elle ne voit qu’une harengère aux prétentions nobiliaires, une demi-mondaine, trop maquillée et trop heureuse de monnayer ses charmes flétris auprès d’un occupant, à condition qu’il lui laisse, pour l’instant, ses ors et ses fanfreluches ». (Id.)

 

 

Une France en tenue Vichyrac, mais une France incurable donneuse de leçons dont le Président, récemment en voyage officiel à Erevan, somme la Turquie de reconnaître l’incontestable génocide arménien par la république jeune turque.

 

Son l’Assemblée nationale va jusqu’à voter en première lecture un discutable projet de loi qui en punit la négation.

 

Mais une France dont on ne sait trop où dans son récent passé, elle puise le crédit pour inviter ainsi à confesse un candidat à l’adhésion européenne dont, c’est là son droit irrécusable, elle ne veut pas.

 

Une France qui, certes, reconnaissait, cinquante ans après les faits, sa responsabilité dans la Shoah, mais qui, douze ans après le génocide des Tutsis au Rwanda, peine à ouvrir le livre sombre de sa complicité avec les machettes hutues, et en réécrit même honteusement l’histoire.

 

Cette France, il y a quelques semaines seulement, dénonçait l’apartheid de sang entre ses citoyens pour enfin reconnaître que celui qui coule dans les veines du musulman ayant contribué à la libérer de ses occupants nazis, est aussi rouge que le sien et mérite les mêmes hommages et réparations.

 

Cette France dont la Police Nationale, obéissant à un Préfet convaincu de collaboration avec ceux qui la défiguraient la veille, jetait, une quinzaine d’années plus tard, trois cents de leurs frères ou de leurs jeunes fils dans la Seine, au cœur éclatant d’une capitale dont l’âme obscure est aujourd’hui encore à Vichy.

 

Une France qui, impudemment, menace aujourd’hui Israël d’une sanction militaire si ses avions persistent à survoler le territoire libanais au motif pourtant incontestable que la résolution 1701 n’est pas complètement appliquée par une FINUL dont elle assure elle-même le commandement, après l’avoir, hier à l’Assemblée, accusé d’une provocation le 31 octobre inventée de toutes pièces. (S. Juffa, Metula News Agency, le 09.11 06)

 

Une France dont les médias font de la tragique exception de Beit Hanoun le 7 novembre l’illustration d’une règle, et accusent ainsi Israël de mener une politique délibérée d’assassinats de masse contre la population civile palestinienne.

Une France qui, près d’un demi siècle après la décolonisation, est encore, en Afrique en général et en Côte d’Ivoire en particulier, la caricature impérialiste et néocolonialiste que « ses » élites stigmatisent volontiers chez ses ennemis identitaires américains et israéliens.

 

Une France qui, cent ans après Dreyfus, validera et véhiculera gratuitement le reportage toujours contesté sur la mort du petit Al Dura au nom duquel des centaines d’israéliens seront assassinés, et les juifs insultés et attaqués partout dans le monde pour l’irréparable crime d’appartenir à un peuple de meurtriers « qui tuent et humilient par plaisir ». (Edgar Morin - Le Monde)

 

Et cette France-là, cette France complice de deux holocaustes ces soixante dernières années, cette France sourde ou indifférente à l’explicite ambition génocidaire des ennemis d’Israël, cette France coupable d’autres « broutilles » qui seules suffiraient à discréditer toute autre qu’elle, « porte » cette juste demande de voir la Turquie se grandir de l’aveu de ses fautes passées !

 

Les Turcs ne s’y sont pas trompés en ne répondant pas de celles-ci, mais, narquois et soulagés de reconnaître le prédicateur, en interrogeant la qualité de son crédit.

 

Il y a une trentaine d’années, un des monarques présidents de cette république amnésique et boursouflée de suffisance, commençait son unique mandat en conviant à son auguste table quelques éboueurs chargés par leur présence aux côtes de l’hôte royal, de laver la France d’en haut du soupçon d’être encore coupée de celle d’en bas.

 

Peut-on suggérer au successeur de son successeur de leur confier la mission moins démagogique de nettoyer devant sa porte pour ainsi redonner à la France une voix enfin débarrassée de cette haleine fétide ?

 

Celle-ci empeste jusqu’aux plus nobles et salutaires de ses paroles.

 

Elle refuse ainsi à tous de s’en reconnaître à nouveau les citoyens.

 

 

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