La France autorise ses troupes à ouvrir le feu sur Tsahal au Sud Liban
Par Yaakov Katz & Herb Keinon- armees.com
Les soldats français au Liban, qui se sont récemment sentis menacés par des survols israéliens qualifiés d’agressifs, ont reçu l’autorisation d’ouvrir le feu sur les avions de Tsahal, a annoncé mercredi 22 novembre un haut officier français au Jerusalem Post.
Le général Ido Nehushtan, responsable de la planification militaire, s’est pourtant rendu la semaine dernière à Paris pour s’entretenir avec des militaires français et leur exposer les raisons pour lesquelles l’aviation israélienne survole le Sud Liban malgré le cessez-le-feu.
Nehushtan, qui avant d’être récemment nommé à cette position était vice commandant des forces aériennes, a expliqué à ses homologues français qu’Israël collecte des informations sur les positions du Hezbollah au Sud Liban.
Selon les officiers français, Nehushtan s’est excusé de l’incident du 31 octobre, quand un jet de Tsahal s’était mis en position de combat et avait presque forcé les troupes française à ouvrir le feu.
« La réalité sur le terrain est telle qu’il était important que nous réaffirmions ce que nous avons dit et répété et qui est que les soldats français ont l’ordre d’assurer leur propre défense », a répondu un officiel français.
Il a répété à Nehushtan que la France considérait les incursions aériennes israéliennes comme une violation de la résolution 1701du Conseil de sécurité.
« Aucune assurance ne nous a été donnée qu’ils cesseraient [les tirs] », a déclaré le Français.
« Les ordres que les soldats [français] reçoivent sont que leurs armes sont des moyens d’autodéfense et si un commandant se sent menacé, comme cela a été le cas le 31 octobre, il aura le droit d’utiliser la force. »
Milos Strugar, porte-parole de l’Unifil, a soutenu la position française, expliquant que selon la résolution de l’ONU, l’Unifil a le droit d’utiliser la force pour se défendre, et cela même contre les avions israéliens.
Le ministère israélien des Affaires étrangères n’a toutefois pas demandé à l’armée de cesser les survols, mais de les mener avec plus de discrétion et de sorte qu’il ne soient pas interprétés comme des agressions, ni par l’armée libanaise, ni par les forces européennes.
La colère de la France au sujet des survols israéliens n’est pas indépendante de certaines considérations politiques internes françaises, estiment quant à eux des représentants gouvernementaux israéliens.
Le premier tour des élections présidentielles y est prévue pour avril, et la ministre de la Défense Michelle Alliot-Marie est dans la course.
Selon eux, adopter une position dure envers Israël sur la question des survols aide à améliorer son profil de candidate. Etre perçue comme quelqu’un qu’il faut « retenir » de répondre par la force aux « agressions israéliennes », ne risque pas de porter tort à son image politique, ont-ils précisé.
La France a déclaré à plusieurs occasions depuis la fin de la guerre contre le Hezbollah qu’elle avait évité de justesse d’ouvrir le feu sur des avions israéliens.
En octobre, Alliot-Marie avait déclaré devant les membres du Parlement qu’un F15 de Tsahal avait commencé un piqué vers les forces françaises.
« Nos forces ont de justesse évité une catastrophe », avait-elle souligné.
« Nos troupes se sont trouvées dans une position dans laquelle ils auraient dû ouvrir le feu en légitime défense. »
Alliot-Marie est une proche alliée du président Jacques Chirac, et si Chirac décide de ne pas se présenter pour un troisième mandat, il soutiendra certainement sa campagne contre son rival, le ministre de l’Intérieur Nicolas Sarkozy.
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