Après que les muses se soient tues

Publié le par Ofek

Par Caroline B. Glick- Jewish World Review - Adaptation française de Sentinelle 5767 - desinfos.com
 
Si des journalistes, des intellectuels, des critiques sociaux, des auteurs et des citoyens concernés à travers le monde ne se dressent pas pour exiger que leurs gouvernements protègent leur droit à la liberté d’expression et arrêtent et punissent ceux qui veulent les intimider et briser ce droit, un jour, dans bien des années, des étudiants en histoire demanderont comment il a pu se faire que le monde libre ait volontairement permis sa propre destruction.
 
Le Premier Ministre britannique, Tony Blair, s’est laissé aller à une folie conciliatrice, et personne ne semble s’en soucier. Vendredi dernier, Blair a accordé un entretien exceptionnel à la plateforme de la nouvelle guerre psychologique d’Al Jazeera - sur sa chaîne en langue anglaise - pour fêter son lancement.
On ignore si Blair voulait donner l’impression dans cet entretien qu’il était d’accord avec David Frost - L’homme - sur - la Ville en Grande Bretagne - affirmant que la guerre américano-britannique en Irak est un « sacré désastre ». Mais Blair a fait comprendre sans le moindre doute que ce qu’il poursuit désormais, c’est une retraite américano-britannique ignominieuse d’Irak.
 
Dans ses déclarations et actions récentes, Blair a été sans ambiguïté pour communiquer sa conviction que la paix en Irak commence par la capitulation israélienne face aux Palestiniens, au Hezbollah, et à la Syrie. Blair voit dans des retraits israéliens suicidaires des hauteurs du Golan, de Judée et de Samarie, la clé pour déverrouiller les cœurs des mollahs à Téhéran et des baathistes à Damas.
Tels que Blair les voit, ces ennemis d’Israël, des USA, de la Grande Bretagne et du monde libre dans son ensemble vont soudainement devenir des amis fiables de l’Occident non juif si Israël est abandonné à leurs mains sans pitié...
En tant qu’amis, l’Iran et la Syrie permettront aux USA et à la Grande Bretagne d’abandonner l’Irak la tête haute, alors qu’ils donneront aux jihadistes leur plus grande victoire depuis le retrait des Soviétiques d’Afghanistan.
 
Non moins troublante que l’adhésion de Blair à la reddition comme stratégie nationale, il y a la totale absence d’indignation contre sa décision dans les médias britanniques et internationaux. Personne ne met en question, par exemple, sa décision d’accorder un entretien exclusif à Al Jazeera en anglais. On accepte largement, y compris dans certains médias britanniques, que la station satellite arabe Al Jazeera soit utilisée comme outil de recrutement pour le jihad mondial. On peut raisonnablement anticiper que la chaîne diffusant en anglais sera utilisée pour amoindrir la volonté de l’Occident de se défendre lui-même contre la domination jihadiste mondiale. Le fait que le réseau diffuse désormais comme une chaîne anglaise devrait envoyer un frisson dans le dos des supports des médias occidentaux, et en particulier britanniques, qui vont devoir maintenant se placer en concurrence avec une arme de propagande ennemie se dissimulant comme chaîne d’information.
 
Il y a de nombreuses raisons pour que des actions telle le retrait stratégique de Blair de la rationalité et de la responsabilité soient resté sans critique de la part des médias. Ce n’est pas seulement que les journalistes occidentaux, et en particulier européens soient excessivement anti-américains, et anti-israéliens avec virulence. L’une des raisons centrales du silence des intellectuels et des médias occidentaux face aux actions comme celle de Blair, c’est la peur de la mort aux mains des jihadistes.
 
En France aujourd’hui, le Pr. de Lycée Robert Redeker vit caché depuis deux mois. Le 19 septembre, Redeker a publié un éditorial de couverture dans le Figaro dans lequel il dénonçait l’intimidation islamiste contre la liberté de pensée et d’expression en Occident, comme cela s’était manifesté par des attaques contre le Pape Benoît XVI, et contre des Chrétiens en général, qui suivaient les remarques du pontife au début de ce mois.
Redeker écrivait : « Comme pendant la guerre froide, où la violence et l’intimidation étaient les méthodes utilisées par une idéologie diabolique tendant vers l’hégémonie, de même aujourd’hui, l’Islam essaie d’étendre son manteau de mort sur le monde entier. La cruelle expérience de Benoît XVI en est un témoignage. De nos jours, comme à cette époque, l’Occident doit être appelé " le monde libre " en comparaison du monde musulman ; de même, les ennemis du " monde libre ", les bureaucrates zélés de la vision du Coran, qui entrent en masse dans le cœur du ’ monde libre ’, devraient être appelés de leur vrai nom ».
 
En réaction à l’éditorial de Redeker, L’Egypte a interdit le Figaro, et Redeker a reçu de nombreuses menaces de mort. Son adresse et ses plans d’accès ont été publiés sur des sites Internet liés à al Qaïda, et il a été obligé de quitter son travail, et de s’enfuir pour préserver sa vie. Alors que Redeker adressait un courriel à un collègue, la police française avait libéré l’homme qu’elle savait être derrière les menaces contre sa vie ; Redeker a récemment décrit sa détresse à un ami de la façon suivante : «  Il n’y a pas de lieu sûr pour moi, je dois déménager, deux jours ici, deux jours là... Je suis sous la protection constante de la police. Je dois annuler toutes les conférences programmées ».
 
De son côté, le rédacteur en chef du Figaro s’est montré sur Al Jazeera pour présenter ses excuses pour avoir publié l’article de Redeker. En fin de semaine, l’auteur anglais Douglas Murray a discuté au sujet du terrorisme intellectuel en Hollande. Murray, qui a récemment publié « Néoconservatisme : Pourquoi nous en avons besoin », est intervenu lors d’une conférence à Palm Beach, en Floride, parrainée par le ’David Horowitz Freedom Center’. Il a remarqué que les deux voix les plus fortes en Hollande pour alarmer contre la subversion islamique de la culture et de la société hollandaises - Pym Fortuyn et Théo Van Gogh - ont été assassinés.
 
La troisième voix la plus proéminente appelant les Hollandais à prendre des mesures pour se défendre, l’ancienne membre du Parlement Ayaan Hirsi Ali, vit à Washington DC aujourd’hui.
Son ancien collègue au Parlement hollandais, Geert Wilders, vit sous protection militaire, sans domicile personnel, depuis des années. Lors des présentes élections, Wilders n’a pas pu faire campagne, parce qu’on n’a jamais pu annoncer sa résidence. Ses partisans étaient réticents à se présenter sur sa liste de candidature de crainte d’être pareillement menacés de meurtre. Le mois dernier, deux de ses supports de campagne ont été battus alors qu’ils collaient des affiches électorales à Amsterdam.
 
En 2000, Bart Jan Spruyt, un dirigeant intellectuel néoconservateur hollandais a mis en place un club de réflexion dénommé ’Edmund Burke Institute’. L’un des buts de son institut est de convaincre les Hollandais de se défendre eux-mêmes contre la menace islamiste croissante. Dans la période qui a suivi, Spruyt a été approché par des services de sécurité, et intimé de prendre un garde du corps pour sa protection personnelle. Bien qu’il ne puisse pas assumer le coût d’un garde du corps, la police lui a finalement fourni une protection après qu’il se soit manifesté à son bureau, quelques heures après que Van Gogh ait été massacré par un jihadiste dans les rues d’Amsterdam en novembre 2004.
Une autre voix conservatrice éminente, le professeur de Droit et critique social Paul Clituer s’est distingué par ses appels répétés à la liberté de pensée et à la protection de l’Etat laïc hollandais.
Dans les semaines suivant le meurtre de Van Gogh, Clituer a été la cible d’une critique sans relâche de ses collègues de Gauche dans la presse. Selon un rapport de la ’Fondation Internationale d’Helsinki pour les Droits de l’Homme’, ses collègues lui ont reproché, ainsi qu’à ses alliés idéologiques, la radicalisation des Musulmans de Hollande.
Clituer a réagi à leur abus en annonçant à la télévision qu’il ne parlerait et n’écrirait plus au sujet de la prise de contrôle islamique de la Hollande.
Comme le rapport d’Helsinki le remarque, bien que la convention européenne des droits de l’homme stipule que les Etats doivent assurer la liberté d’expression, " Annemarie Thomassen - une ancienne juge hollandaise à la Cour Européenne des Droits de l’Homme à Strasbourg - a déclaré que les limites de la liberté d’expression dans le contexte européen se situent là où les opinions et déclarations exprimées affectent la dignité humaine d’une autre personne.
Cela signifie que, selon elle, personne en Europe ne peut tout simplement écrire et dire quoi que ce soit sans montrer quelque respect aux autres personnes ".
 
En Grande Bretagne même, le fait qu’aucun organe des médias n’ait osé publier les caricatures danoises de Mohammed l’an passé est une indication claire du degré de peur dans le cœur de ceux qui décident ce que les Britanniques sauront sur leur monde.
Melanie Phillips, auteur de ’Londonistan’, a noté à la conférence du ’Freedom Center’ que ce que les Britanniques entendent est au mieux décrit par « un dialogue de fous ».
Dans ce dialogue, des islamistes européens protestent de leur victimisation du fait des natifs européens tout en menaçant de les tuer, et les Européens natifs font des excuses pour avoir contrarié les islamistes radicaux, et critiquent bruyamment les USA et Israël de ne pas ’s’enfoncer doucement dans cette douce nuit’.
Dans le même temps, les idéologues islamistes et les dirigeants politiques prospèrent en Europe aujourd’hui. En Grande Bretagne, en plus de contribuer avec bonheur au taux d’écoute d’Al Jazeera, le gouvernement a engagé des membres de ’frères Musulmans’ comme conseillers antiterroristes.
A la suite des pogroms musulmans contre les caricatures, la BBC a invité Dyab Abou Jahjah, qui dirige la « Ligue Arabe Européenne », à donner son opinion sur les caricatures sur son programme d’information de la nuit.
Jahjah, qui est affilié au Hezbollah, a dirigé des émeutes antisémites à Anvers en 2002, au cours desquelles ses partisans ont brisé les vitrines de commerces tenus par des Juifs, entonné des slogans à la gloire d’Oussama ben Laden, et hurlé « Hamas, Hamas, les Juifs au gaz ! ». Plus récemment, Jahjah a publié des caricatures dépeignant Anne Frank couchant avec Adolf Hitler.
 
La première décision que prit Yasser Arafat en 1974 après avoir établi l’Autorité Palestinienne, a été d’attaquer les journalistes, les rédacteurs en chef et les bureaux des journaux palestiniens. Des journalistes et des rédacteurs en chef ont été arrêtés et torturés, et tous ont été forcés d’accepter le contrôle de l’AP sur leur couverture de l’information.
L’homme chargé de veiller à la censure était le ministre de l’information d’alors, Yasser Abed Rabbo, qui lors d’un fait de guerre psychologique ultérieur, a signé le soi-disant accord de Genève avec Yossi Beilin en 2003. Voilà la nature de notre époque.
Nous sommes en guerre, et ceux qui nous avertissent de ses dangers sont systématiquement réduits au silence par nos ennemis qui exigent que rien ne se mette en travers de notre complaisance à notre propre destruction.
Si des journalistes, des intellectuels, des critiques sociaux, des auteurs et des citoyens concernés à travers le monde ne se dressent pas pour exiger que leurs gouvernements protègent leur droit à la liberté d’expression, et arrêtent et punissent ceux qui veulent les intimider et briser ce droit, un jour, dans bien des années, quand es étudiants en histoire demanderont comment il a pu se faire que le monde libre ait volontairement permis sa propre destruction : ils ne devront pas regarder plus loin que les destins contrastés d’Al Jazeera et Dyab Abou Jahjah d’une part, et du Figaro et de Robert Redeker d’autre part.
Publicité
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article