Jeudi 21 août 2008 4 21 /08 /Août /2008 12:10

« Les cris de vierges effarouchées poussés par les grands de ce monde depuis deux semaines ont de quoi surprendre. Si l’on comprend bien, ce n’est pas seulement ce que les Russes font en Géorgie qui est en cause mais ce que cela révèle. En réalité, c’est la surprise des démocraties occidentales qui doit surprendre !

Car, enfin, qu’attendait-on du dictateur russe actuel (je sais, on dira qu’il a respecté la constitution et après deux mandats totalisant 8 années il a quitté le pouvoir suprême… mais pour devenir premier ministre, probablement pour les deux mandats de son acolyte devenu président par sa grâce…) ? L’homme avait annoncé couleur en lançant sa formule «la plus grande tragédie du 20ème siècle a été la disparition de l’Union Soviétique». Pas les deux guerres mondiales totalisant 60 millions de morts, pas la destruction des juifs en Europe, pas la révolution culturelle en Chine et ses 70 millions de morts, non, la disparition de la structure qui a opprimé, détruit et asservi non seulement le peuple russe mais aussi la moitié de l’Europe qui a eu la malchance de se voir abandonner par les Etats-Unis et l’Angleterre à la fin de la deuxième guerre mondiale. Dès lors, quoi de plus normal que de vouloir faire renaître de ses cendres ce cadavre auquel on voudrait donner l’éclat d’un Phoenix. Et pour cela, une seule solution, brutale, certes, mais efficace face aux démocraties occidentales qui n’ont jamais eu le courage de s’opposer aux dictateurs : envahir les pays qui lui étaient auparavant soumis et pour commencer, puisque l’occasion s’y présente, la Géorgie.

Mais il n’y a rien de nouveau dans la dernière aventure militaire russe. Depuis 1948 (coup de Prague, mainmise par des communistes du pouvoir politique) tous les dix ans, ou presque, la Russie a envahi un pays : Hongrie en 1956, Tchécoslovaquie en 1968, Afghanistan en 1979. Chaque fois la raison était différente mais l’intention la même : soumettre une population, un pays, à la volonté du Kremlin. Une pause est intervenue ensuite car il y a eu l’implosion de l’Union Soviétique, trouvant son origine dans la course aux armements imposée par Ronald Reagan d’un côté, et dans l’incapacité du système d’économie planifiée de faire face aux besoins de la population du pays mis en évidence de plus en plus par l’intrusion massive des nouveaux moyens de communication, Internet entre autres.

Ce ne devrait pas être une découverte que de voir un pays évoluant rapidement vers des structures dictatoriales anciennes se lancer dans ce qu’il sait faire de mieux : envahir et opprimer. Surtout après avoir vu M. Poutine et son armée à l’œuvre en Tchétchénie, dont les soldats, dépenaillés, réputés pour la consommation de vodka et dont le taux de suicides est le plus élevé de toutes les armées qui tiennent des statistiques, semblent plutôt sortis d’asiles de pauvres. Qui n’a pas vu Grozny après la «pacification» russe de 2002 ne peut comprendre la vraie nature du pouvoir russe. Et il s’agit bien du pouvoir russe car Grozny (c’est de là que vient son nom) avait déjà était détruit au temps des tsars et pour les mêmes motifs : s’assurer le contrôle du Caucase et faire comprendre aux autres «confettis» s’y trouvant ce qui pourrait leur arriver. Il y a permanence de la méthode russe, elle a été améliorée (!?) pendant la période soviétique et Poutine, bien formaté pendant ses années d’espion du KGB, n’est que l’héritier de l’histoire de l’oppression de la Russie. Du temps de Staline on avait déporté les habitants de la Tchétchénie car pendant la guerre, de 1942 à 1944, les troupes allemandes qui s’y trouvaient n’eurent pas de mal à faire collaborer une population opprimée depuis la création de sa «république» en 1922. Ensuite, pour faire bonne mesure, une fois les habitants déportés, on supprima «la république Tchétchéno-ingouche» pour la recréer en 1957 cinq années après la mort du dictateur. Avant la « pacification » de Poutine, en 1998, cette république comptait 400.000 habitants. Depuis, ils ne sont plus que 200.000.

L’exemple de la Tchétchénie est là pour nous faire comprendre ce qui pourrait se passer avec la Géorgie. Certes, les Russes n’aiment pas les Caucasiens (les Mongoles ou les Chinois que l’on appelle «chiens jaunes» non plus). Il suffit de vivre quelque temps dans une grande ville (Moscou par exemple) pour comprendre le mépris et la haine exprimés par «les autochtones» à l’adresse des Caucasiens. Curieux, les 70 années de communisme et de fraternité des peuples de l’Union Soviétique n’ont pas eu beaucoup d’influence pour changer les choses.

Alors, pourquoi la surprise ? De Bush à Chirac, de Mme Merkel à Tony Blair, tous les dirigeants des démocraties occidentales étaient convaincus d’assister après l’implosion de l’Union Soviétique à la création d’une Russie dont la marche vers la démocratie était inéluctable. Bon, il y avait aussi Schröder mais ce dernier s’est prostitué politiquement en devenant l’employé du gouvernement russe (Président du Conseil de Surveillance de Gazprom …). Il y a aussi notre Jacques Chirac qui fait des voyages (tous frais payés, c’est normal) en Russie à l’invitation de son ami Poutine pour «étudier les problèmes énergétiques des années à venir» quand il ne va pas fêter l’anniversaire de celui-ci (deux visites en moins de trois semaines en 2007…). On peut, sans grande difficulté partager les dirigeants occidentaux en deux catégories : les profiteurs (à titre personnel) et les «apaiseurs» qui vous démontrent qu’il ne faut pas fâcher le Russie, qu’il faut l’accompagner dans son chemin vers la démocratie.

Ce que la Russie vient de faire en Géorgie (tout en se moquant comme d’une guigne des réactions «fermes» de l’Occident) illustre parfaitement le renoncement mondial, mais surtout américain, à ce qu’a été la Doctrine Truman : «C’est la politique des Etats-Unis d’aider les peuples qui veulent être libres et qui résistent aux tentatives de minorités armées ou aux pressions externes de les subjuguer».

Devant l’énormité de la réaction disproportionnée russe aux incursions géorgiennes, elles mêmes justifiées par les provocations des protégés de Moscou (Ossétie du Sud), il y a d’un côté ceux qui défendent la Russie : Agents d’influence (Schröder), «intellectuels» émargeant à des budgets russes (Marek Halter qui préside deux universités russes et qui est le patron d’un mensuel franco-russe, se demande «Que veut l’Amérique en Europe»), géopoliticiens autoproclamés ou gloires anciennes de la «kremlinologie» (Hélène Carrière d’Encausse), les voilà tous qui vous démontrent que l’agresseur est la Géorgie et que la Russie ne pouvait pas se laisser marcher sur les pieds comme l’Occident s’est trop habitué à le faire. Et de vous expliquer que l’on a ouvert une boîte de Pandore en acceptant l’indépendance du Kossovo car cela donne la possibilité, par exemple à l’Ossétie du Sud ou à l’Abkhazie de se réclamer de la même «jurisprudence» en demandant la séparation d’avec la Géorgie. Nuance… ces deux «républiques dissidentes» veulent se rattacher à la Russie. Depuis des lustres la Russie accorde des passeports à ces populations pour pouvoir dire ensuite qu’elles sont ethniquement russes, créant un précédent qui pourrait être utilisé du côté des trois républiques baltes qui ont échappé à sa mainmise, mais dont une partie de la population est d’origine russe car leur territoire a été colonisé par la Russie à la faveur de leur occupation à la fin de la deuxième guerre mondiale. Quant à l’indépendance de Kossovo, à partir du moment où l’Europe a pris parti (merci Monsieur Kouchner) en faveur des Albanais musulmans contre les Serbes orthodoxes… les jeux étaient faits !

Il y a ensuite les «apaiseurs». Ils commencent par ne pas s’apercevoir que les colonnes de tanks russes avaient quitté leurs bases en se mettant en route vers la Géorgie trois jours avant la réaction géorgienne qui a mis le feu aux poudres. Ensuite ils font semblant de ne pas entendre les discours fulminants, qui reprennent mot pour mot les archives de la diplomatie soviétique, et parlent des «monstres criminels comme Saakachvili» ou des «Géorgiens que l’odeur du sang fait marcher». Et, quand les Russes les mènent en bateau au sujet de leur éventuelle retraite de Géorgie, ils vous expliquent que l’essentiel était d’obtenir un cessez-le-feu (Nicolas Sarkozy et Bernard Kouchner). Ils vont à Tbilissi proclamer le droit de la Géorgie à entrer dans l’OTAN en oubliant qu’au dernier sommet de cette organisation ils s’y sont opposés (Angela Merkel). Mais dès qu’il s’agit de faire quelque chose de sérieux, les mêmes disent qu’il ne faut pas couper les contacts avec la Russie. Tout cela découle de l’espoir (méthode Coué) que le pire n’arrivera pas. Comme si on pouvait faire confiance aux paroles des tyrans qui signent des traités et qui les transgressent sans vergogne. Ceux qui savent qu’il ne faut pas faire confiance aux Russes sont ceux qui ont vécu sous le talon de cette hydre qui refait ses tentacules dès qu’elle en perd une (les trois pays baltes, la Pologne, l’Ukraine, etc.).

Mais ce qui est incompréhensible, c’est l’incapacité des démocraties de réaliser que la Russie, une fois requinquée par ses exportations de pétrole, gaz et autres métaux, une fois débarrassée, avec l’argent américain, d’une partie de ses cimetières de sous-marins nucléaires et de moult missiles qui rouillaient sans entretien, fait ce qu’elle veut et ne fera rien de ce que l’Occident attend. Sur tous les fronts d’aujourd’hui : Afghanistan, Irak, Liban, Hezbollah, Gaza, Hamas, Soudan, Somalie, la Russie se trouve toujours du côté adverse à l’Occident : en fournissant des armes, en s’opposant aux sanctions contre l’Iran pour arrêter son programme nucléaire militaire, bref, en s’opposant à tout ce qui pourrait atténuer ou faire disparaître les menaces «extrémistes» (pour ne pas dire islamistes, pour ne fâcher personne…). De plus, l’Occident ne réalise pas que le peuple russe est intoxiqué, empoisonné, anesthésié par le discours belliqueux de ses dirigeants tant il veut croire à la renaissance d’une Russie forte. Forte de quoi ? Une économie sans industrie autre que celle des matières premières, une population en perdition dont le nombre pourrait se voir réduit de moitié dans les quarante ans à venir (75 millions au lieu des 150 actuellement, une espérance de vie à la naissance pour les hommes de moins de 60 ans -moins que le Mexique- en raison de causes multiples parmi lesquelles la violence, l’alcoolisme, un système de soins déplorable, etc.). Mais une industrie de l’armement qui fait feu de tout bois et qui vend, sans discernement aucun, tout ce que l’on veut à qui le veut : l’Iran et la Syrie (qui transfèrent les armes au Hezbollah et au Hamas), le Venezuela du clone castriste (qui vient d’apporter son appui à l’invasion russe en Géorgie), des pays d’Afrique qui n’assurent plus la subsistance de leurs populations mais qui s’arment. On en passe et des meilleurs. Mais ce pays où les milliardaires sont légion (à condition de ne pas s’opposer à M. Poutine) n’arrive pas à électrifier des milliers de villages où à assurer à ses habitants une vie normale. Parler de tout cela peut paraître futile. Et on trouve tout de suite des gens d’origine russe pour vous expliquer que vous n’avez rien compris de ce qu’est ce grand pays, européen de surcroît…

Que va-t-il se passer ? L’intégrité territoriale de la Géorgie sera sacrifiée sur l’autel de la realpolitik car l’Europe dépend pour ses besoins énergétiques de la Russie (n’ayant pas voulu suivre le conseil de Ronald Reagan qui, en son temps, avait esquissé ce qui allait se passer). Mais, vous dira-t-on, si on veut réduire la dépendance à la Russie, il n’y pas d’autre possibilité que de s’adresser à l’Iran. C’est déjà fait (Suisse, Italie et même l’Allemagne qui attend son tour). Alors, les sanctions contre l'Iran ? D’un côté les Russes s’y opposent et de l’autre, individuellement, les pays européens n’y trouvent pas leur intérêt. Et voilà l’Europe qui se prépare à changer «un bigle pour un bosco» comme on dit à la Royale : rien d’anormal car l’islamofascisme vert remplace le totalitarisme rouge…

Et vogue la galère… Et comme le disait si bien le Sapeur Camember, «quand les bornes sont franchies, il n'y a plus de limites». »

Titre original : « Russie : le pire est à venir » par Michel Poirier sur
http://www.libertyvox.com/article.php?id=339

Par Ofek - Publié dans : Analyses géopolitiques internationales
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Jeudi 21 août 2008 4 21 /08 /Août /2008 11:59

« Les troupes russes ne quittent pas leurs positions (lexpress.fr et l’AFP 19/08/2008). Le président russe Dmitri Medvedev déclare : « Nos forces armées ont surmonté la crise des années 1990 et sont aptes au combat. Nous souhaitons que l'on nous respecte, notre Etat, notre nation, nos valeurs » (lexpress.fr et l’AFP aujourd’hui). Les ministres des Affaires étrangères des 26 pays membres de l'Otan se retrouvent ce mardi à Bruxelles (tf1.lci.fr aujourd’hui). Les alliés de l'Otan font savoir qu'ils étudient sérieusement les implications des opérations de la Russie en Géorgie (Reuters aujourd’hui). Les alliés ont convenu par ailleurs de créer une Commission Otan-Géorgie (Reuters aujourd’hui).

Je note la différence de ton entre les ministres des Affaires étrangères de l’Otan à Bruxelles et le président russe à Moscou. A Bruxelles on se réunit pour étudier les implications et dans la foulée pour créer une Commission. Quant une puissante entité fait savoir qu’elle étudie et qu’elle crée une commission cela veut tout simplement dire qu’elle décide de ne rien décider et de ne rien faire de concret sur le terrain. A Moscou la tonalité est tout autre. A Moscou on nous signifie que les forces armées russes sont aptes au combat. A Moscou on nous signifie que nous sommes priés de respecter les Russes, leur Etat actuel, leur nation actuelle et leurs valeurs actuelles.

Or concrètement cela signifie que nous sommes priés de respecter la Russie dirigée par des dictateurs maffieux et incultes issus de l’ancien KGB. Et cela signifie que si nous ne respectons pas tout cela, les forces armées russes sont aptes au combat. Je n’invente rien. Ce sont les propos de ce jour du président russe Dmitri Medvedev à l’heure même où les ministres des Affaires étrangères de l’Otan parlent d’études et de Commission.

Supposons que l’Abkhazie et l’Ossétie du Sud obtiennent leur indépendance sous la férule russe. Combien de minis pays - pays réels ou pays présumés - risquent-ils, dans le région, de revendiquer la même chose ? Sans remonter à plus de 500 ans en arrière et en me limitant à la Géorgie et à ses voisins pas trop lointains, je dénombre les « pays » suivants : Daghestan, Vainakh, Noghastan, Kabardian, Imereti, Kartli, Kakheti, Samtskhe, Trebizond, Mamlyuk, Kara-Koyunloo, Vaspurakan, Sasun, Bahrevand, Shirvan, Karabakh, Syunio, et, sans pinailler, un peu plus loin, les Kurdes, les Azéris et pourquoi pas - plus il y a de monde plus on rigole - les Druzes, les Tatares, les Corses, les Valaisans, les Burgondes et les Martiens. Aucun doute, une Commission d’Etude de l’Otan s’impose de toute urgence. J’entends d’ici - depuis ma Valaisanie indépendante - les Russes hurler de rire.

 

Depuis le lundi 11 août 2008, je vous fatigue les nerfs avec, chaque jour, un article sur la Géorgie. Or, il se trouve que je ne compte aucunement lâcher le morceau. Car la Géorgie, pays chrétien ami d’Israël et ami des USA, nous ouvre la voie depuis la Mer Noire, à travers les montagnes du Caucase ainsi que jusqu’à la Mer Caspienne. Car la Géorgie nous épargne la tâche fastidieuse de négocier - avec les rouges bruns maffieux de Moscou - la construction d’oléoducs et de gazoducs. Car la Géorgie est un pays libre et démocratique, tout simplement.

Stuart Koehl dans le Weekly Standard du jeudi 14 août 2008 écrit à propos de l’invasion et de l’occupation de la Géorgie par l’armée russe rouge brune : «…La plupart des gens ont grossièrement exagéré la capacité militaire et l'efficacité de l'armée russe dans cet exercice, évidemment planifié depuis longtemps et impliquant en fait des forces relativement peu nombreuses. D'après tous les rapports, la ‘58e armée’ russe a envahi le territoire de la Géorgie avec quelques 500 chars et un nombre égal de Véhicules de Combat d'Infanterie. (…) Or, le District Militaire du Caucase est une espèce de trou perdu, où logent des divisions de Catégories II et III, dont la plupart restent en sous-capacité et sont équipées d'anciens systèmes tels que le char T-72. (…) pour le gouvernement de Russie, une guerre prolongée et sanglante nécessitera un accroissement massif du budget militaire russe, réduit au minimum pendant la plus grande partie de l'ère Poutine. (…) Deux choses sont nécessaires (…) : de la part des États-Unis, la volonté politique de fournir à l'armée géorgienne l'équipement et la formation nécessaires (nos Forces Spéciales ont déjà une relation étroite avec l'armée de Géorgie), et, plus important, une volonté politique de la part du gouvernement géorgien de continuer le combat jusqu'à ce que les Russes aient quitté leur sol », précise Stuart Koehl.

Toujours Stuart Koehl dans le Weekly Standard d’hier mardi 19 août 2008 écrit à propos de l’invasion et de l’occupation de la Géorgie par l’armée russe rouge brune : «…La Russie (…) souffre d'une crise démographique sérieuse (…) et une espérance de vie pour les hommes de seulement 59 ans. (…) Son gouvernement est de plus en plus autocratique, réprimant la liberté d'expression, chassant l'investissement étranger direct et les transferts de technologie nécessaires pour entretenir le développement économique. L'économie russe est elle-même de plus en plus dépendante de transferts militaires à haute technologie d'un côté, et de l'extraction des matières premières -principalement le pétrole et le gaz naturel - de l'autre. (…) En réalité, ladite armée russe craquera à la première occasion, et ses menaces militaires sont fondamentalement vaines si ce n'est contre les plus faibles de ses adversaires. Nous ne devons pas nous laisser intimider par les rodomontades de la Russie. La position russe sous le Poutinisme est un énorme bluff, une martingale désespérée, de la part d'un gouvernement qui se sent glisser vers l'insignifiance internationale, pour s'accrocher aussi longtemps que possible à une place sur la scène mondiale. Il est temps pour nous d'exposer ce bluff, et d'arrêter ce jeu-là une bonne fois pour toutes », conclut Stuart Koehl.

Entre cette nuit et aujourd’hui - mercredi 20 août 2008 - les nouvelles concernant la Géorgie continuent de fuser notamment sur Guysen International News : à 01:21 on apprend que l'ambassadeur russe à l'ONU - Vitaly Churkin - déclare que son pays ne votera pas la résolution onusienne proposée par la France réclamant un départ immédiat des troupes russes de Géorgie. 02:41, les soldats russes font prisonnier 20 soldats géorgiens dans la ville portuaire géorgienne de Poti. 10:45, le Sénat russe est prêt à reconnaître le statut d'indépendance des régions séparatistes géorgiennes d'Abkhazie et d'Ossétie du Sud (ndlr : concrètement le Sénat se réunira à cet effet lundi prochain 25 août). Les séparatistes abkhazes envisagent un statut de territoire « associé » à la Russie. Quant à l'Ossétie du Sud, elle a déjà réclamé son « rattachement » à la Russie. 11:11, des témoins affirment que « plusieurs convois » de camions russes quittent la province géorgienne sécessionniste d'Ossétie du Sud (ndlr : une quarantaine de camions pour être précis…). Le président russe Dimitri Medvedev affirme que « d'ici vendredi 22 août toutes les forces armées russes déployées en Géorgie seraient rapatriées ». Les Occidentaux ne cachent pas leur scepticisme, conclut Guysen International News.

Encore aujourd’hui mercredi 20 août 2008 à 11:44 l’agence de presse britannique Reuters informe : «…Un journaliste de Reuters a vu un premier convoi d'une dizaine de camions bâchés franchir le tunnel de Roki, principal point de passage entre la Russie et l'Ossétie du Sud, province séparatiste de Géorgie ou les forces russes sont intervenues. (…) La plupart (…) semblait vide, à en juger de leur suspension. Et il n'y a eu aucun signe (ndlr : de départ) de véhicules blindés ou de pièces d'artillerie. Près du village d'Igoeti, ou se trouve le poste russe le plus proche de la capitale géorgienne, Tbilissi, distante de 45 km, des soldats russes ont consolidé leurs positions en creusant des tranchées et aucun mouvement de convoi n'était visible. (…) Dmitri Medvedev a déclaré mardi que d'ici au 22 août, une partie des soldats de « maintien de la paix » aura été retirée vers la zone de sécurité temporaire. Le contingent restant (…) sera retiré vers le territoire d'Ossétie du Sud et de Russie. (…) mardi, Washington indiquait ne voir aucun signe tangible d'un tel repli des troupes et accusait la Russie de s'en prendre à ces civils et de chercher à étrangler la Géorgie. La Russie ‘devient de plus en plus le hors-la-loi dans ce conflit’ a déclaré la secrétaire américaine d'Etat Condoleezza Rice. ‘Ils avaient l'intention et ont probablement toujours l'intention d'étrangler la Géorgie et son économie’ a-t-elle ajouté », précise Reuters.

Toujours aujourd’hui mercredi 20 août 2008 à 11:53 depuis Soukhoumi (Géorgie) l’Agence France Presse informe : «…Sur le terrain, un journaliste de l'AFP a vu mercredi une vingtaine de camions militaires quittant l'Ossétie du Sud en direction de la Russie, mais autant de véhicules allaient en sens inverse et aucun retrait massif ne semblait mis en oeuvre. (…) après le Vénézuélien Hugo Chavez et le Bélarusse Alexandre Loukachenko, c'est le président syrien Bachar al-Assad, attendu en Russie mercredi, qui a dénoncé dans un entretien publié à Moscou les ‘tentatives’ des pays occidentaux ‘d'isoler la Russie’ sur la scène internationale ». L’AFP à 12:14 précise : « l'armée russe a accusé mercredi la Géorgie de ‘redéployer’ des forces militaires en direction de la région séparatiste géorgienne d'Ossétie du Sud ». Ndlr : « En direction de », martèle l’armée rouge brune. De quoi je me mêle…

Guysen International News informe à 12:58 que « plusieurs députés israéliens vont se rendre sur place (ndlr : en Géorgie) pour contribuer à l'issue de la crise avec la Russie. La présidente de la Knesset Dalia Itzik l'a annoncé lors d'un débat extraordinaire à l'Assemblée. ‘Nous avons revu des images terrifiantes. Je vois des dizaines de milliers de personnes pour qui tout s'est écroulé, et je vois les horreurs de la désolation. Nous allons envoyer une délégation de parlementaires pour aider à régler le conflit. Nous le ferons car nous sommes les amis de la Géorgie’, a-t-elle expliqué ».

Depuis Moscou à 14:42 l’AFP informe : « ‘La partie géorgienne continue de prendre des mesures de redéploiement et de rétablissement de la capacité de combat de ses forces’, aux abords de la région séparatiste d'Ossétie du Sud, a déclaré le chef-adjoint d'état major de l'armée russe Anatoli Nogovitsyne à Moscou (ndlr : « aux abords de » martèle encore l’armée rouge brune. A nouveau, de quoi je me mêle….) (...) Un journaliste de l'AFP a constaté que Gori était toujours contrôlé par les forces russes qui allaient et venaient en nombre sur la route reliant cette ville stratégique proche de l'Ossétie du Sud à la capitale géorgienne Tbilissi. (…) Le président de la chambre (ndlr: le sénat russe), Sergueï Mironov, a indiqué que ses collègues étaient ‘prêts à reconnaître’ les indépendances abkhaze et sud-ossète, tout en conditionnant ce geste à une décision du président russe. Ce dernier avait promis la semaine dernière de soutenir ‘toute décision’ des séparatistes. (…) Sur le front de l'aide humanitaire, la Commission européenne a jugé que l'accès aux victimes en Géorgie s'améliorait, mais que la situation restait ‘compliquée’ en Ossétie du Sud ».

Guysen International News informe à 14:56 que Thomas Steg, porte-parole du gouvernement allemand, a déclaré qu'il n'existait à ce jour « aucun signe clair permettant d'affirmer que la Russie avait commencé à se retirer de Géorgie. C'est une situation très insatisfaisante ».

Je l’ai cité plus haut, « La position russe sous le Poutinisme est un énorme bluff, une martingale désespérée. (…) Il est temps pour nous d'exposer ce bluff, et d'arrêter ce jeu-là une bonne fois pour toutes », écrit donc Stuart Koehl dans le Weekly Standard d’hier mardi 19 août 2008. Or, l'ambassadeur russe à l'ONU - Vitaly Churkin - déclare, je l’ai mentionné plus haut, que son pays ne votera pas la résolution onusienne réclamant un départ immédiat des troupes russes de Géorgie (Guysen). Or, près du village d'Igoeti ou se trouve le poste russe le plus proche de la capitale géorgienne distante de 45 km des soldats russes ont consolidé leurs positions en creusant des tranchées (Reuters). Or, Gori est toujours contrôlé par les forces russes qui vont et viennent en nombre (AFP à 14:42). Autrement dit, l’énorme bluff russe - décrit par Stuart Koehl dans le Weekly Standard - continue en paroles et en actions. Des troufions, des soudards et quelques mercenaires, accompagnés des chars antédiluviens, le tout commandé depuis Moscou par une hiérarchie maffieuse, arrogante et kagébiste, tout ce misérable fatras de moujiks souvent alcoolisés fiche la trouille à l’Otan (les armées de plus de 20 pays libres…), l’Otan qui hier mardi se limitait à vouloir « étudier » la situation et créer pour se faire une « Commission ». La société libre de culture judéo-chrétienne est aussi lucide et courageuse qu’elle l’était en 1938. Depuis ce matin, pour amplifier encore un peu plus la baudruche du bluff russe, des caudillos bas de gamme genre Chavez, Loukachenko et Assad ouvrent leur grande bouche de babouin autocrate, de dinosaure soviétique et de führer levantin moustachu pour défendre la Poutinie expansionniste. Dans le futur, les livres d’histoire, à propos de nos dirigeants occidentaux, parleront de lâches, de traîtres et de minus. »

Titre original : « Nos dirigeants occidentaux : lâches, traîtres et minus » par Miguel Garroté sur http://monde-info.blogspot.com/2008/08/nos-dirigeants-occidentaux-lches.html

 

L’Occident ouvrirait-il les yeux ? Il semble s’inquiéter, enfin, de la volonté de reconquête de la Russie sur ses territoires perdus, à commencer par la Géorgie. C’est du moins ce qui ressort de la tribune de Nicolas Sarkozy, parue ce lundi dans Le Figaro. "Nous devrons (…) déterminer si l’intervention de la Russie contre son voisin géorgien aura été une réponse brutale- et excessive-, dans ce cas singulier, ou si elle inaugure un nouveau durcissement de Moscou vis-à-vis de ses voisins et de la communauté internationale toute entière (…)", écrit notamment le chef de l’Etat. Dimanche, la chancelière allemande, Angela Merkel, a promis d’accélérer l’entrée de la Géorgie dans l’Otan, après s’y être opposée, avec la France, en avril, afin de ne pas fâcher Vladimir Poutine: une politique de l’apaisement – qui fut celle de Chamberlain en 1938 – interprétée comme une faiblesse par l’ex-URSS.

Cependant, ces derniers jours ont montré la troublante fascination d’une partie de l’opinion et des médias pour l’autocratie russe, présentée comme l’agressée alors que son armée se préparait à l’invasion de la Géorgie depuis avril. L’immuable antiaméricanisme – dissimulé sous la critique des néoconservateurs - aura été prétexte à justifier les arguments d’un régime se présentant comme humilié et en état de légitime défense face à ses anciens alliés ayant choisi d’adhérer au monde libre. Dans cette guerre contre les démocraties de l’Est, déclenchée par une Russie se comportant comme un état-voyou, il s’est trouvé de nombreux commentateurs (y compris sur ce blog) pour donner raison à la loi du plus brutal et à sa désinformation. Ce n’est pas la plus réjouissante des constatations.

C’est ce manque de vigilance que semble vouloir corriger désormais les européens, en haussant le ton. La participation de la Russie au G8, à l’OCDE ou à l’OMC  pourrait notamment être remise en question. Mais cette grave crise a déjà révélé le manque de convictions de nos démocraties dépressives et pusillanimes, fascinées pour partie par les puissances impériales chinoise et russe. Même les Etats-Unis n’ont pas été à la hauteur de la provocation qui leur a été adressée avec l’invasion de la Géorgie, pays qui a donné à l’une des artères de Tbilissi le nom de George W. Bush. "Nous sommes tous Géorgiens", a déclaré John McCain, le candidat républicain. Pour le moment, il reste seul à le dire.

 

Titre original : « Nous sommes tous des Géorgiens » par Ivan Rioufol sur http://blog.lefigaro.fr/rioufol/2008/08/nous-sommes-tous-georgiens.html

Par Ofek - Publié dans : Analyses géopolitiques internationales
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Lundi 21 juillet 2008 1 21 /07 /Juil /2008 12:03

Interview de Daniel Pipes réalisée le mois passé par Iivi Anna Masso à Helsinki

 

Q : Les médias européens traitent souvent Israël d’État hors-la-loi de la région. On a même suggéré que la création de cet État avait été une erreur.

Considérez-vous Israël comme un État hors-la-loi ?

 

DP : Il est étrange d’avoir à argumenter pour montrer qu’Israël n’est pas un État hors-la-loi et qu’il est digne d’être soutenu.

En effet, selon tous les standards admis, c’est un État libre, prospère, où règne l’état de droit. Bref, c’est un État occidental, dont le niveau de vie et le mode de vie sont comparables à ceux qu’on trouve en Europe et très différents de ceux de ses ennemis – les Territoires palestiniens, l’Égypte, la Syrie, la Jordanie, l’Iran et ainsi de suite. C’est une inversion des faits.

 

En novembre 2003, un sondage Flash Eurobaromètre indiquait que les Européens considéraient Israël comme l’État le plus dangereux du monde. C’est une opinion aberrante, qui reflète non pas la réalité d’Israël, mais le triste état du débat politique en Europe, le manque de connaissance sur le Moyen-Orient, le conflit israélo-arabe, l’identité des alliés et des ennemis, les problèmes et les solutions. C’est une évolution très regrettable.

 

Q : Les relations entre l’Europe et Israël vous semblent-elles s’améliorer ou se dégrader ?

 

DP : Il y a eu quelques améliorations ces dernières années, notamment à la suite des changements intervenus dans le gouvernement de plusieurs pays, tout particulièrement en France. Mais la réputation d’Israël a été très défavorable pendant bien des années à présent et il faudra beaucoup de travail pour que cela change.

 

Q : Pensez-vous que le Hamas devrait être respecté au titre de force politique légitime, en raison de son succès populaire dans le cadre d’élections démocratiques ?

 

DP : Le Hamas est un mouvement islamiste qui a massivement misé sur le terrorisme pour atteindre ses objectifs, dont le premier est l’élimination d’Israël et son remplacement par un ordre islamiste.

Le Hamas est terroriste et islamiste – c’est l’ennemi.

Je peine à m’expliquer pourquoi quiconque, en Occident, pourrait souhaiter soutenir le Hamas ou aider ce mouvement qui est non seulement l’ennemi d’Israël, mais aussi l’ennemi de l’Occident dans son ensemble. Je pense que ce serait une grave erreur de le légitimer et de traiter avec lui.

 

Q : Vous avez écrit la préface d’un ouvrage de Jonathan Schanzer, à paraître prochainement, sur le conflit entre le Hamas et le Fatah. Ce conflit peut-il être considéré comme un élément du développement d’une démocratie palestinienne ?

 

DP : Le Hamas et le Fatah partagent les mêmes objectifs – les deux veulent éliminer Israël.

Mais ils adoptent des démarches différentes, ils ont des philosophies différentes, des membres différents, des tactiques différentes.

Alors, parfois ils travaillent ensemble et parfois ils s’affrontent ; il n’y a pas entre eux de conflit permanent ou de coopération permanente – leurs relations sont fluides, elles changent avec le temps. Elles ont été très mauvaises ces dernières années, mais elles pourraient fort bien s’améliorer.

 

Q : Le conflit israélo-palestinien est-il de nature politique (nationaliste) ou théologique ?

 

DP : En définitive, le conflit israélo-arabe repose sur l’affirmation musulmane selon laquelle un territoire placé sous le règne des Musulmans ne peut plus être dirigé par des non-Musulmans – il reste à jamais un territoire musulman.

Le fait qu’une population non musulmane arrive, y prenne le pouvoir et y règne est vécu comme profondément hostile.

 

Cela dit, au cours du siècle écoulé, il y a eu quatre différentes étapes dans le conflit israélo-arabe, ou quatre types d’approche arabe.

La première était pan-syrienne et visait la création d’une grande Syrie ; la deuxième était panarabe et ambitionnait d’établir un grand État arabe ; la troisième était le nationalisme palestinien et la quatrième, l’étape actuelle, est islamiste.

Il pourrait y avoir une cinquième ou une sixième phase. L’élément déterminant n’est pas la démarche, qui change toutes les quelques décennies, mais bien la croyance profondément enracinée dans la conscience musulmane qu’Israël est un État illégitime parce qu’il se situe sur un territoire que des Musulmans ont dirigé un millénaire auparavant.

 

Q : Ce conflit peut-il prendre fin ?

 

DP : Je le pense, oui. Je ne crois pas que ce conflit durera éternellement, car aucun conflit ne dure éternellement.

Je pense qu’il sera possible d’y mettre un terme d’ici 20 ou 30 ans, lorsque les Palestiniens auront acquis la certitude qu’Israël est bien là, de manière permanente, et qu’ils réaliseront qu’ils ne peuvent rien y faire, qu’ils l’accepteront et, au lieu de chercher à éliminer Israël, qu’ils tenteront de réparer leur système politique, leur économie, leur société et leur culture.

 

Islam

 

Q : Vous avez beaucoup écrit sur la distinction entre l’Islam et l’«islamisme», appelé aussi «Islam radical», ou «fondamentalisme».

Comment expliquez-vous cette différence ?

 

DP : L’Islam est une foi personnelle et il existe de nombreuses manières différentes de comprendre ce que cela signifie d’être un Musulman. On peut être un soufi, un mystique, on peut aussi chercher à vivre très strictement selon la loi, on peut être un Musulman de nom, sans se soucier vraiment de sa religion – toutes ces attitudes, et bien d’autres, sont possibles au sein de la religion islamique.

 

L’islamisme est une approche très spécifique, soutenant que les Musulmans seraient puissants et riches s’ils appliquaient la loi islamique dans tous ses détails.

Les islamistes souhaitent appliquer cette loi dans le monde entier et considèrent les non-Musulmans comme des inférieurs, des gens qu’il faut vaincre.

Cette idéologie trouve ses racines dans les origines de l’Islam, mais elle n’a émergé sous sa forme actuelle que quelque 80 ans auparavant. C’est une partie de l’Islam, mais ce n’est pas l’intégralité de l’Islam.

 

Q : Mais les Musulmans de la ligne dure, de même que certains critiques de l’Islam, affirment qu’on ne saurait être un Musulman authentique sans respecter la loi islamique – cela tend à faire disparaître la distinction entre Islam et islamisme.

 

DP : Il est intéressant de noter que tant les islamistes que ceux qui affirment que l’Islam lui-même est le problème s’accordent à dire que j’ai tort et que l’islamisme est l’Islam.

Les islamistes disent cela parce qu’ils veulent présenter leur version de l’Islam comme la seule juste. Et ceux qui pensent que l’Islam est le problème amalgament la religion et l’idéologie.

 

À mon avis, c’est une erreur. Même face à des Occidentaux, non musulmans, qui pensent ainsi, je maintiendrais qu’ils feraient mieux d’adopter mon point de vue, car un gouvernement occidental ne peut pas combattre l’Islam.

Nos États ne sont pas des croisés. Ainsi, il faut combattre l’idéologie de l’islamisme, et non la religion de l’Islam.

Nous savons comment combattre des idéologies. Nous avons combattu le fascisme et le communisme – et maintenant il y a l’islamisme.

Mais nous [nos gouvernements] ne pouvons pas combattre une religion.

Donc, si la chose se réduit à une religion, nous n’avons pas les moyens de nous en protéger.

 

Q : Un Islam non islamiste serait donc un Islam sécularisé, relégué à la sphère privée ?

 

DP : La laïcité a deux significations. Un laïc est une personne non religieuse.

Une société laïque est une communauté où la religion est séparée de la politique.

L’Islam non islamiste n’a pas à être laïque au niveau personnel – une personne peut être pieuse sans être islamiste. Mais il doit être laïque au niveau sociétal – il faut que la politique y soit séparée de la religion.

Par exemple, le régime d’Atatürk, en Turquie, est laïque – les gens peuvent être religieux, mais la religion n’a pas droit de citer dans la sphère politique.

 

Q : Que pensez-vous du terme «islamophobie», très utilisé en Europe ces derniers temps ?

 

DP : L’«islamophobie» est une notion fondamentalement erronée.

En effet, les gens que l’Islam inquiète ne sont pas la proie d’une phobie.

La «phobie» implique une crainte injustifiée, irraisonnée, alors que les gens préoccupés par le terrorisme, l’instauration de la loi islamique, ou charia, traitent de problèmes bien réels.

Les insulter est à la fois injuste et délégitimant, alors que leurs préoccupations sont réelles et légitimes – il faut les aborder.

 

Europe

 

Q : Dans une récente interview, vous avez déclaré que l’avenir de l’Europe avait 5% de chances de se révéler harmonieux et 95% de chances d’évoluer soit vers la domination de l’Islam, soit vers la réaffirmation des Européens de souche, et que cela pourrait impliquer une guerre civile.

Pouvez-vous expliquer ce que vous voulez dire ?

 

DP : Il est frappant de voir à quel point la majorité des Européens veulent croire que les relations entre Européens et Musulmans vont bien fonctionner.

Il y a quelques problèmes aujourd’hui, mais ils seront résolus bientôt, pense-t-on. Je ne vois pas quelles sont les sources de cet optimisme.

 

Si l’on observe les Musulmans vivant en Europe, on constate une tendance au repli, beaucoup plus qu’à l’ouverture. Les enfants des immigrés sont plus hostiles envers la civilisation européenne que les immigrés eux-mêmes.

Du côté européen, on voit croître les préoccupations, les inquiétudes, les craintes vis-à-vis de la présence musulmane.

De sorte que l’espoir que tout le monde s’entende bien ne semble pas fondé sur des réalités. Je ne lui accorde donc que peu de chances de se concrétiser. Il y a des chances, mais elles sont minimes.

 

Par ailleurs, les alternatives, soit la domination musulmane ou la réaffirmation européenne, me semblent plutôt équilibrées. Je ne pourrais pas dire laquelle est la plus probable.

Des crises qui se préparent nous aideront à déterminer dans quel sens se dirige l’Europe.

 

Q : À quel type de crise faut-il s’attendre, au-delà de celles que nous connaissons déjà ?

 

DP : Il y a eu des troubles mineurs. L’affaire Rushdie. L’affaire du voile. L’affaire du pape. Ce ne sont pas de vraies crises. De petites émeutes ici et là. Mais rien de tout cela n’a engendré des changements majeurs.

Je pense donc que nous avons cinq, dix ou quinze ans devant nous. Je ne peux pas prévoir précisément, mais ce peut être quelque chose comme les émeutes françaises de 2005 en beaucoup plus violent – non plus seulement brûler des voitures, mais tuer des gens.

Ce pourrait être l’élection d’un gouvernement qui décide de renvoyer les immigrés musulmans dans leur pays d’origine. Je ne saurais prédire la nature des événements, je pense simplement que nous avons des problèmes devant nous et que ceux-ci nous montreront dans quelle direction l’Europe pourrait se diriger.

 

Q : Que devraient faire les Européens pour prévenir une crise grave ?

 

DP : Il y a de nombreuses mesures que les Européens pourraient prendre.

 

Par exemple, l’intégration des immigrés musulmans. D’une manière générale, les pays européens sont ce que j’appelle de grandes familles. Vous êtes membre d’un pays parce que vous venez de sa lignée, que vous y avez été à l’école, que vous en parlez le langage et en partagez la religion.

Et maintenant, pour la première fois dans de nombreux pays européens – en fait tous les pays européens sauf la France – la question se pose de savoir ce que signifie être finlandais, ou suédois, ou estonien. Personne n’avait à expliquer cela jusqu’à présent. Maintenant, il le faut. Et c’est une crise.

Je pense que c’est une crise qui doit être traitée. Que faire en présence de gens qui semblent différents, qui prient autrement, mangent autrement ? Comment créer une nationalité qui les incluse ?

 

Par ailleurs, les Européens doivent avoir plus d’enfants s’ils entendent préserver leur civilisation. Vos taux de natalité sont très bas en ce moment.

Sans un changement important, il est difficile d’imaginer comment il pourrait encore exister une Europe qui ressemble à celle d’aujourd’hui d’ici un siècle.

 

Du côté des immigrés, il faut une volonté plus marquée de participer et d’accepter l’existence de la civilisation européenne – de ne pas la changer, mais de vivre en son sein.

 

Liberté d’expression

 

Q : Vous avez écrit un livre sur «l’affaire Rushdie» en 1990, juste après qu’elle se soit déroulée. Plusieurs conflits similaires, basés sur des «insultes contre l’Islam», ont eu lieu en Occident récemment.

Qu’est-ce qui a changé depuis l’affaire Rushdie ?

 

DP : L’affaire Rushdie a été un choc, car c’était la première fois que des Musulmans affirmaient ce qui pouvait et ne pouvait pas être écrit ou déclaré en Occident.

 

Les autres exemples, et il y a en a eu un assez grand nombre, ont répété et confirmé cet aspect. Avec le temps, les Musulmans sont devenus toujours plus déterminés à restreindre la liberté d’expression – ils interviennent par exemple aux Nations unies pour créer des bases légales permettant d’interdire certaines déclarations.

Les Occidentaux en général, et les Européens en particulier, sont de plus en plus mal à l’aise devant ces restrictions.

 

Q : Les pressions exercées aux Nations unies pour interdire la «diffamation de la religion» dans le monde entier vont-elles obliger l’Occident à accepter que, dans notre monde de plus en plus interdépendant et multiculturel, la liberté d’expression ne puisse plus être ce qu’elle a été, au moins durant les dernières décennies ?

 

DP : On assiste à une réduction bien réelle de la liberté d’expression dans de nombreux pays occidentaux.

 

Par ailleurs, un événement intéressant a eu lieu à ce sujet en Arabie Saoudite, cette année : le Conseil consultatif saoudien était prié de confirmer la notion selon laquelle aucune critique de la religion ne devrait être tolérée.

Le conseil a rejeté cette idée car, selon ses membres, elle équivaudrait à reconnaître les religions polythéistes, ce qui leur a paru «inacceptable».

L’intention réelle est donc de protéger l’Islam et je serais très surpris qu’une telle législation puisse être instaurée.

 

Q : En somme, si l’interdiction de la critique devait concerner toutes les religions de la même manière, les Musulmans n’en voudraient pas ?

 

DP : C’est cela.

 

Q : En ce qui concerne ce que nous pouvons et ne pouvons pas dire, vous avez écrit que l’Occident aussi, et même les États-Unis, éprouvent des difficultés croissantes à nommer l’ennemi dans la «guerre contre la terreur» ?

 

DP : L’esprit moderne a de la peine à parler franchement, sans ambages, de tels problèmes.

 

Cela provient d’un manque d’assurance et du sentiment qu’il est impoli et inutile de dire les choses crûment. Il vaut mieux parler de manière indirecte et avec précaution.

Mais en temps de guerre, je pense qu’il faut parler clairement de l’identité de l’ennemi.

Par exemple, quand on retrace l’évolution des déclarations du président George W. Bush, on s’aperçoit qu’elles sont d’abord très vagues, puis qu’elles se précisent pour redevenir vagues à présent.

 

C’est assez typique de l’Occident dans son ensemble, avec son incertitude sur l’identité de l’ennemi et la nature de cette guerre. C’est problématique.

 

Près de sept ans se sont écoulés depuis le 11 septembre 2001, près de 30 ans depuis la prise d’assaut de l’ambassade américaine à Téhéran, et après toutes ces années, le gouvernement américain n’a toujours pas compris qui est l’ennemi et quel est le problème.

 

Q : Comment nommez-vous l’ennemi ?

 

DP : J’appellerais l’ennemi Islam radical ou islamisme.

C’est un mouvement, un corps de pensée. Comme le fascisme et le communisme.

 

Q : Est-il devenu plus difficile encore de parler de ce conflit ces dernières années ?

 

DP : Il y a tant de courants opposés. Il m’est difficile de généraliser, de désigner une tendance, de dire dans quel sens vont les choses. On pourrait dire qu’il y a en ce moment énormément d’euphémismes, de discours indirects, et que les choses ne semblent pas s’améliorer.

 

Q : Avant le 11 septembre 2001, même les médias de gauche évoquaient le «fascisme islamique». Maintenant, c’est devenu impensable.

 

DP : On assiste à une intensification de l’alliance entre la gauche et l’islamisme.

 

Cela remonte à la visite à Téhéran de Michel Foucault, en 1978-79. Il était très excité de voir la tournure des événements.

Son point de vue a d’abord rencontré des résistances considérables au sein de la gauche, mais avec le temps, cette résistance s’est estompée.

 

Je pense que le principal événement s’est déroulé en février 2003, quand les islamistes et les gauchistes ont organisé ensemble des manifestations contre la guerre d’Irak, alors imminente. C’est ce qui a créé les bases de l’union.

 

Ils ont les mêmes cibles – ils sont opposés aux mêmes idées et aux mêmes institutions, aux mêmes pays et aux mêmes gens. Ils ne sont pas en faveur des mêmes choses, mais ils sont contre les mêmes choses.

Ce sont donc des alliés plutôt superficiels, ils ne coopèrent pas au niveau stratégique, mais au niveau seulement tactique. On retrouve ce phénomène partout en Occident.

 

Mais, et c’est intéressant, on ne le trouve pas dans le monde musulman.

Par exemple en Turquie, si vous étiez contre les islamistes lors des élections de l’année dernière, vous votiez à gauche. On constate que les gauchistes et les islamistes s’opposent systématiquement les uns aux autres en Égypte, au Pakistan et ailleurs.

Mais en Occident, ils collaborent étroitement, de même qu’en Inde, où on assiste à ce même rapprochement. Et c’est très préoccupant.

 

Cette alliance est comparable à celle entre Hitler et Staline – c’était une alliance brune-rouge à l’époque et c’est une alliance rouge-verte aujourd’hui, verte au sens de la couleur de l’Islam. C’est un grand danger pour le monde civilisé.

 

Q : Cette alliance est particulièrement troublante, car les objectifs du mouvement islamiste semblent se situer plutôt à l’extrême-droite qu’à gauche.

 

DP : On comprend mieux le phénomène par les oppositions qu’il implique que par les points communs.

 

Les deux ne partagent pas leurs principes. Le socialisme, l’égalité des sexes et la foi en Dieu n’a rien pour les réunir.

 

Mais on peut comprendre ce qui les rassemble en observant ce à quoi ils s’opposent – George W. Bush en est l’un des symboles, mais d’une manière plus générale on peut citer la civilisation occidentale, notamment les États-Unis, le Royaume-Uni, Israël, les Juifs, les Chrétiens pratiquants, la mondialisation – ce à quoi les deux mouvements s’attaquent.

 

Q : Ainsi, lorsque des universitaires féministes défendant les droits des homosexuels qualifient le Hamas et le Hezbollah de «progressistes», c’est de cela qu’il s’agit – d’ennemis communs ?

 

DP : Les féministes qui ignorent ce qu’est l’Islam agissent ainsi parce que c’est utile actuellement sur le plan tactique.

 

Comme en Iran dans les années 1970, lorsque la gauche travaillait avec les islamistes contre le shah. Une fois que le shah a été vaincu, les deux groupes avaient des objectifs totalement opposés, et l’un a vaincu l’autre.

C’est donc juste tactique – cela ne dure qu’aussi longtemps que l’adversaire commun est là. Mais si celui-ci est vaincu, les dissimilitudes deviennent prédominantes, de sorte que chacun poursuit ensuite des objectifs très différents.

 

 
>>Suite>>

Par Ofek - Publié dans : Analyses géopolitiques internationales
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Lundi 21 juillet 2008 1 21 /07 /Juil /2008 12:00

Politique des Etats-Unis

 

Q : Que pensez-vous du terme «néoconservateur» ? Acceptez-vous d’en être qualifié ?

 

DP : Je suis indécis.

Les néoconservateurs sont peut-être 40 ou 50 dans le monde. Ce n’est pas précisément un grand mouvement. Et on leur prête un pouvoir impressionnant. De sorte que j’aime assez l’idée d’être l’un d’entre eux.

 

Mais d’un autre côté, si l’on s’en tient aux positions politiques spécifiques, comme la guerre en Irak ou l’effort visant à démocratiser rapidement le Moyen-Orient, nous avons de réels désaccords. Je ne pense donc pas, finalement, que le terme me convienne.

 

Q : Vous avez écrit récemment sur la possibilité d’une attaque de l’Iran par les États-Unis. Dans ce conflit, l’Europe considère une nouvelle fois les États-Unis comme le principal agresseur potentiel.

 

DP : Les Européens ont le luxe de ne pas avoir à prendre de décisions difficiles.

 

Parce qu’ils savent que les États-Unis seront là pour le faire à leur place, et qu’ils pourront alors critiquer les États-Unis.

 

Je pense que les États-Unis ont commis une erreur en prenant trop de responsabilités depuis la Deuxième Guerre mondiale.

En ce qui concerne les relations avec les Soviets et autres, nous aurions dû dire : tenez, si vous pensez que nous ne faisons pas cela correctement, faites-le vous-mêmes. Si vous n’aimez pas cela, si vous ne voulez pas de missiles Pershing, en 1981-82, très bien – débrouillez-vous avec les Soviets.

 

Et maintenant, c’est la même chose : si vous pensez qu’il est tolérable que l’Iran se dote de missiles, très bien – nous ne vous protégerons pas.

Cela engendrerait plus de réalisme. Mais hélas, nous prenons l’initiative, et d’autres nous critiquent pour cela.

Il serait beaucoup plus constructif de laisser les Européens prendre leurs décisions difficiles eux-mêmes, au lieu de simplement nous critiquer.

 

Nous autres Américains encourageons les Européens à se conduire comme des enfants, qui n’ont aucune décision importante à prendre – nous les prenons pour eux.

Je pense que cela n’est pas sain, ni pour les Européens, ni pour nous.

 

Q : Un resserrement de l’intégration européenne pourrait-il contribuer à faire de l’Europe une union plus mature ?

 

DP : Je pense que l’Union européenne a ses limites.

 

C’est une union utile aux niveaux économique et politique, mais je ne crois pas qu’elle devrait tenter de devenir davantage qu’une fédération, de se transformer en un seul État.

Ce serait une erreur compte tenu de l’histoire de l’Europe. Faire de l’Europe une unité militaire serait également une erreur – je pense que l’OTAN est une bien meilleure voie.

 

Q : Dans quel sens la prochaine élection présidentielle américaine aura-t-elle une grande importance pour le monde ?

 

DP : Barack Obama transformerait la politique du gouvernement américain en une politique européenne. Les États-Unis deviendraient une entité politique à l’européenne, en opposition à ce qu’ils ont été depuis au moins quelques décennies.

 

Nous avons donc un choix très fondamental devant nous – plus fondamental qu’à n’importe quel autre moment depuis 1972, quand [le candidat démocrate] George Mc Govern se présentait, lui aussi, avec une démarche européenne, très à gauche.

 

Sur http://www.ajm.ch/wordpress/  

Par Ofek - Publié dans : Analyses géopolitiques internationales
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Lundi 21 juillet 2008 1 21 /07 /Juil /2008 11:56

 

« Dans Soyons clairs ! un autre article, toujours pour Desinfo.com, je posais la question suivante : « Kouchner va-t-il inviter Zawahiri parce qu’il est un acteur de la vie afghane et pakistanaise ? Allons-nous désormais régulariser la situation avec Al Qaeda parce que ce groupe terroriste international fait des émules ? »

 

Dans cet autre article Jusqu’où irons-nous ? rédigé le 30 juillet 2007 et qui fut diffusé par Aroutz7, j’écrivais « il ne nous resterait plus qu’à recevoir Ben Laden... »

 

Dans : La France, complice de son invasion, paru le 03/01/2008 et diffusé par LibertyVox, j’analysais la présence de Kadhafi sur le sol français suite à l’invitation de Mr Sarkozy. J’écrivais « L’Elysée explique aux Français que Kadhafi a de l’argent, que l’on peut faire du commerce avec lui et qu’il veut se racheter une conduite ».

 

Cette année, le 14 juillet 2008, Bachar al Assad fut invité pour le défilé.

 

L’article de Jean-Philippe Katz « Se défiler après Drakkar 14 juillet 2008 vs 23 octobre 1983 » diffusé par Desinfo.com, met aussi en évidence la faculté des « élites » françaises dans l’art de l’oubli et de la compromission.

En effet, les militaires et vétérans du Liban se souviennent, ils ne sont pas prêts d’oublier leurs camarades assassinés dans l’attentat contre l’immeuble dans lequel ils vivaient. Suprême insulte faite à la mémoire des morts. Les Paras s’en souviendront !

 

En une année, UNE SEULE, le Président de la République a légitimé le Hezbollah, reçu Kadhafi, envoyé des émissaires pour « dialoguer avec le Hamas, (organisation terroriste) et le 14 Juillet, il a invité le dictateur Syrien, Bachar al Assad pour LE défilé militaire national. Attitude Munichoise...

 

J’imagine sans difficulté, la réaction de l’opposition si le Président était de gauche, on aurait crié à l’irresponsabilité. L’opposition de droite aurait hurlé aux dangers imminents et aux conséquences internationales dramatiques, sans précédent ! Seulement voila, c’est le gouvernement de Mr Sarkozy qui l’a fait, alors, comme les opposants de gauche sont d’accord, point de critique.

Tous s’y retrouvent et le tarmac de l’aéroport de Beyrouth a vu la cohésion des différents partis politiques français. L’unisson...comme en 33 !

 

Mais que disent les Français ? C’est simple, 10 $ d’augmentation en une nuit pour le baril de brut. Les Français sont obnubilés par les problèmes internes. Nous descendons de plus en plus vers un modèle de vie informel (travail au noir, petits boulots, achat discount, etc.) comme en Afrique.

La dureté de la vie en France due au manque de travail et à un pouvoir d’achat qui se réduit chaque jour fait que la population consomme non pas pour survivre, mais pour se donner l’illusion d’une vie agréable.

C’est un réflexe basique : j’achète, donc j’existe !

Alors Bachar al Assad...ils s’en moquent !

 

C’était donc en fait le bon moment pour inviter le dictateur syrien.

 

Les Français sont dubitatifs en permanence. Depuis l’élection de N. Sarkozy nous avons assisté à de réels changements politiques et de doctrine.

Le gouvernement français fait au grand jour ce qui se faisait discrètement : là est le changement doctrine.

 

C’est assez amusant d’ailleurs d’avoir entendu des critiques sur les prédécesseurs : F. Mitterrand, V. Giscard d’Estaing et même J. Chirac... Que de critiques et de jugements concernant leurs amitiés avec des dictateurs, tantôt Africains, tantôt Arabes.

Et aujourd’hui, où est la différence ? N. Sarkozy serre des mains de dictateurs sanguinaires et il fait même mieux... il les invite pour faire des affaires.

 

Comme pour la tentative de ralliement des nations juste avant l’intervention de la coalition en Irak en 2003, il se trouve qu’en France, droite et gauche sont d’accord une fois de plus pour protéger les dictateurs, les aider à pérenniser leur emprise envers leur population et les aider à détourner l’attention des opinions publiques internationales sur leurs intentions réelles et leur objectif final.

 

Inviter cette fois le dictateur syrien, n’est ni plus ni moins que projeter une normalisation à court terme, un contact direct entre Ahmadinejad et N. Sarkozy.

En venant à la tribune des invités du défilé le 14 Juillet à Paris, il était la représentation, la vitrine légale d’une idéologie extrémiste et exterminatrice au Proche-Orient.

 

Il s’agit là d’un véritable pied de nez fait à Israël. Bernard Kouchner avoue que « cette présence ne l’amuse pas spécialement », mais il souligne quand même que les Israéliens parlent en ce moment aux Syriens et de ce fait, « il ne faut pas faire les malins ».

Il faut comprendre implicitement qu’il n’y a pas de mal à inviter Bachar al Assad à Paris pour un défilé, puisque même les Israéliens sont en contact direct avec le dictateur. Ah bon, ah bon...

 

La manipulation ne fonctionne pas chez moi. L’Elysée essaye par cette argumentation fallacieuse de légitimer cette invitation forcément surprenante et choquante en détournant votre attention vers une situation extérieure à la France.

A moi de vous préciser qu’il est normal, logique et sain qu’Israël, un pays en conflit, tente de trouver par la négociation (là je suis en train de tousser) une issue favorable pour faire cesser des hostilités ou les empêcher. Cela se passe par ministres ou délégués respectifs, qui se retrouvent dans un endroit secret ou très discret, sans photographe, sans publicité, et souvent sans fierté.

Quant à inviter officiellement et avec tous les honneurs dus à un chef d’état respectable, le dictateur Bachar al Assad, connu pour son soutien au terrorisme, ses actions de déstabilisation du Proche-Orient et ses assassinats commandités, à une Fête Nationale... ne trouvez-vous pas qu’il y a comme une flagrante et indécente différence ?

 

Que les Israéliens soient satisfaits des avancées concernant les « négociations » avec les Syriens, par l’intermédiaire de notre diplomatie est, en soi, tout à fait censé, mais la présidence française n’était en rien obligé d’offrir cette vitrine et cette légitimité au monde terroriste.

Être intermédiaire ou médiateur est totalement différent dans la démarche, dans le résultat et dans la perception avec une invitation officielle qui sort du contexte de la médiation. Cela s’appelle se fourvoyer.

 

Outre le fait que la France une fois de plus vient de pratiquer une politique unilatérale (ce qu’elle condamne systématiquement chez les autres), le soutien qu’elle apporte à Michel Sleimane, le nouveau « président » libanais changera immanquablement les perceptions de nos futures relations avec le Liban, la Syrie et l’Iran.

A peine élu, il reçoit comme l’usage le demande, les félicitations des dirigeants du monde entier. Il refuse la main tendue d’Israël, ce qui n’est pas un choix stratégique correct pour la recherche de stabilité de la région. Il réclame la zone de fermes de Chebaa revendiquée par le Hezbollah. En fait de fermes, il y a surtout des cailloux, des rochers, des buissons secs mais il s’agit surtout d’une position stratégiquement forte pour celui qui la détient.

 

Depuis la résolution 1701 non appliquée, les militaires français déployés au Liban Sud ont pour objectif premier de surveiller ...Israël.

Certains de mes amis, actuellement militaires (Marine et Génie) admettent qu’on leur demande de se méfier d’Israël et non pas des combattants terroristes du Hezbollah.

Il faut comprendre que la doctrine militaire actuelle correspond à la perception réelle des citoyens de notre pays, la France. Lors de mon entrée à l’armée en 1989, on nous entraînait au tir pour lutter et nous battre contre les communistes. C’était un peu avant la chute du mur de Berlin.

 

Aujourd’hui, et alors que la menace est islamiste, les Français sont incapables de la reconnaître du fait de la volonté de nos gouvernements successifs d’éloigner les Français de la réalité de la conquête islamiste.

 

On nous harcèle avec des reportages qui avilissent les USA d’une façon ou d’une autre.

On nous harcèle sur les « disproportions » d’Israël dans ces actions de légitime défense, moyen détourné de rendre le terrorisme fondamentaliste islamiste abstrait.

Quelques décapitations de ressortissants étrangers en Irak, retransmises par la presse de manière à nous faire comprendre qu’ils n’avaient rien à faire là-bas et que c’est de toute façon de la responsabilité des Américains.

D’abondantes et inépuisables informations sur Israël qui élimine des « activistes, des militants ou des Palestiniens »...

Lorsque qu’il y a un attentat, il ne peut provenir que d’éléments radicaux de l’Islam.

Si ce sont les USA qui sont visés par un attentat islamiste, il faut se demander ce qu’ils ont bien pu faire pour mériter cela puisque désormais la question est posée.

Si c’est Israël qui est visé par le Hamas ou un autre groupe de dégénérés fondamentalistes, c’est parce qu’Israël ne veut pas la paix et « conquiert » des territoires... même si sa surface diminue.

Quand il s’agit d’attentats en Afghanistan ou en Irak, il s’agit uniquement de « militants » islamistes luttant pour leur « indépendance » et c’est aussi la faute des Américains.

Quand les Sunnites terrorisent les Chiites, il s’agit d’activistes extrémistes islamistes qui se vengent et qui font parler d’eux.

Si le Hezbollah attaque Israël à partir du Liban, c’est encore la faute d’Israël même s’il n’y a pas de conflit avec le Liban.

 

Répéter, propager, asséner tout et n’importe quoi du moment que l’on n’évoque pas l’islam conquérant et leurs soutiens des dictatures arabes !

 

Je me répète, l’islam est l’outil de conquête, il est l’idéologie fédératrice.

 

Le Hezbollah, par définition parti islamiste fondamentaliste, kidnappe, lance des roquettes, assassine des militaires de la FINUL2 mais la menace islamiste n’est toujours pas concrètement dénoncée.

En Chine, en Thaïlande, en Tchétchénie, en Yougoslavie, en Afrique et au Proche-Orient, l’islam radical et l’idéologie exterminatrice islamiste est flagrante. Malgré l’énumération des faits, il n’est visiblement toujours pas question de s’inquiéter.

 

La France invite un dictateur qui selon notre président a participé à la bonne tenue des élections au Liban. C’est faux !

 

La France, l’Europe et l’ONU ont laissé le Liban aux mains des serviteurs de la Syrie et de l’Iran, le Hezbollah ! Le parti des fous de Dieu n’a jamais cessé les importations d’armes (roquettes, explosifs, armes automatiques). Ils n’ont apporté AUCUNE de leurs armes à la Finul telle que la résolution 1701 l’exigeait. Les trafics de matériels divers n’ont pas cessé avec la Syrie. Des attentats ont tué des militaires de Nations Unies.

Nous savons TOUS tout cela et pourtant, Bachar al Assad était à la tribune des invités du président français le 14 Juillet, juste deux chaises à côté de lui. N’est-ce pas là un honneur ?

 

Selon F. Fillon, « ce qui devrait choquer, c’est de ne rien tenter pour créer des conditions de paix au Proche-Orient ». Bien sûr, bien sûr, bien sûr... !

 

C’est évident. Il est internationalement et notoirement connu que Bachar al Assad est un homme de paix. Ses agents en Irak approuveront cette vision, Rafik Hariri aussi, quand au Hezbollah, le parti de Dieu doit en effet le trouver fort « modéré ».

 

Je crois qu’il faut être Français pour réellement penser que nous avons la capacité, le pouvoir d’influencer dans l’échiquier Proche-Oriental.

Ne croyez pas que je n’aime pas mon pays, au contraire, mais à choisir entre aveuglement et honneur, je choisis l’honneur. La France et nos dirigeants n’en ont plus !

 

Il n’est pas question dans le fond de critiquer ce que dit Mr Fillon. Bien sûr que non. Il s’agit non pas de fond, mais de forme. Il faut dans ce principe tout tenter à condition d’avoir des interlocuteurs crédibles.

La diplomatie française n’était pas obligée d’en faire autant pour « dialoguer » avec un dictateur.

 

Que ressentez-vous ? De la fierté ? Que vous dit votre instinct, votre conscience ? La mienne n’est pas à l’aise.

 

Le quotidien koweïtien « Al Seyassah » nous apprend ce 13 juin que « la Syrie envoie des combattants du Hezbollah aux académies militaires russes, munis de faux passeports syriens, pour parfaire leurs connaissances en matière de combats et de tactiques militaires...

 

Ce même mercredi, Israël vient de libérer des prisonniers. Pas n’importe lesquels. Ceux de la pire espèce, ce ne sont même pas des hommes, ni des bêtes, ce sont des créatures islamistes qui vénèrent la mort et qui trouvent glorieux de fracasser la tête d’une petite fille. Ces créatures sont d’une lâcheté déconcertante ou peut-être, ces monstres sont-ils en réalité effrayés par la silhouette d’une gamine ?. ...ils ont eu peur en somme ?!!!

 

Alors que Hezbollah restitue les dépouilles d’Ehud Goldwasset et de Eldad Reguev, Israël libère un monstre de la pire engeance.

 

Le Hezbollah dont la délégation fut reçue en France par nos diplomates, s’apprête à accueillir Samir Kantar, un psychopathe sadique, vicieux qui trouve héroïque de s’en prendre aux enfants.

 

La délégation française, emmenée par N. Sarkozy fut donc reçue sur le tarmac de l’aéroport de Beyrouth par Michel Sleimane, le tout nouveau « président libanais », qui lui-même s’apprête à recevoir et à serrer la main de Samir Kantar.

Une fête nationale en remplace une autre, celle-ci sera à l’honneur de la barbarie.

 

L’analyse prospective qui en ressort n’est pas positive. En voici quelques grandes lignes... Vraiment, vous ne voyez pas ?

 

Sleimane, agent syrien aux commandes de l’état libanais.

La présidence française salue le déroulement des élections libanaises sur fond de prémisses de guerre civile, sans jamais avoir obligé la FINUL à réaliser son mandat.

La présidence française a légitimé le Hezbollah, bras armé de l’Iran et de la Syrie : Syrie qui déstabilise l’Irak e t finance le terrorisme, Iran qui s’arme du nucléaire et revendique son souhait de détruire Israël.

Les ports libanais servent désormais de bases stratégiques pour l’Iran qui pourra positionner ses missiles vers l’Europe.

Et enfin, le paramètre psychologique incontournable dans toute analyse prospective : N. Sarkozy a serré la main de Sleimane, qui a serré la main de F. Siniora, qui vont tous deux accueillir et serrer la main de Samir Kantar.

 

Savoir qu’il n’y a qu’UNE personne entre N. Sarkozy et Samir Kantar fait froid dans le dos.

 

Savoir que cela ne choque personne en France donne la nausée.

 

Hezbollah l’a rêvé, la France l’a fait ! »

 

Titre original : « L’engrenage, juste après...la honte ! » de Charles-Emmanuel Guérin sur http://www.desinfos.com/article.php?id_article=10746

Par Ofek - Publié dans : Politique Arabe de la France
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Lundi 21 juillet 2008 1 21 /07 /Juil /2008 11:51

Israël a vécu les 60 dernières années plus intensément que n’importe quel autre pays.

 

Ses hauts – la résurrection d’un État vieux de deux mille ans en 1948, la victoire militaire la plus disproportionnée de l’histoire en 1967 et l’impressionnant sauvetage des otages d’Entebbe en 1976 – ont été autant de triomphes de la volonté et de l’esprit qui inspirent le monde civilisé.

Ses bas ont été autant d’humiliations imposées : le retrait unilatéral du Liban et l’évacuation de la tombe de Joseph, tous deux en 2000 ; le retrait de Gaza en 2005 ; la défaite face au Hezbollah en 2006 ; et l’échange de cadavres contre des prisonniers avec le Hezbollah la semaine passée.

 

Un observateur extérieur reste interdit devant ce contraste. Comment les auteurs de victoires aussi exaltantes peuvent-ils s’attirer tant de honte, de manière répétitive, en restant apparemment inconscients de l’impact de leurs actes ?

 

Un élément d’explication est lié aux dates. Les hauts d’Israël ont eu lieu pendant ses trois premières décennies et ses bas sont intervenus depuis l’an 2000.

Quelque chose de profondément important a changé.

 

L’État stratégiquement brillant mais encore économiquement déficient des débuts a été remplacé par son inverse. Les grands cerveaux de l’espionnage, les militaires de génie et les poids lourds de la politique semblent avoir passé à la haute technologie, laissant l’État entre les mains de gens médiocres et corrompus, sans vision ni réflexion.

 

Comment, sinon, expliquer la réunion de cabinet du 29 juin à laquelle 22 ministres sur 25 ont voté en faveur de la remise au Hezbollah de cinq terroristes arabes vivants, y compris Samir al-Kuntar, 45 ans, psychopathe notoire et prisonnier le plus célèbre des prisons israéliennes, et de 200 cadavres ?

En échange, Israël obtenait les cadavres de deux soldats israéliens tués par le Hezbollah.

Même The Washington Post peina à comprendre cette décision.

 

Le Premier ministre israélien Ehud Olmert approuva l’échange sous prétexte que celui-ci «[allait] mettre un terme à cet épisode douloureux», une référence à la récupération des dépouilles des victimes de la guerre et au deuil des familles des otages. Ce sont là des buts honorables en soi, mais à un tel prix ?

La distorsion des priorités montre bien à quel point un pays, autrefois formidable stratège, a maintenant dégénéré jusqu’à devenir une nation sentimentale et pusillanime au possible, un État à la dérive, où l’égocentrique et le nombrilisme servent de raison d’être.

 

Les Israéliens, lassés à la fois par la dissuasion et par l’apaisement, ont perdu leur chemin. Et le pire est que l’épouvantable décision du cabinet n’a déclenché aucune réaction de fureur ni au sein du Likoud, dans l’opposition, ni auprès des principales institutions publiques israéliennes, lesquelles (avec quelques exceptions notables) sont simplement restées silencieuses.

Leur absence se reflète dans un sondage du Centre Tami Steinmetz révélant que la population israélienne approuve l’échange à presque deux contre un. Bref, le problème dépasse largement la classe politique et s’étend à la population dans son ensemble.

 

De l’autre côté, la célébration honteuse de l’assassin d’enfant Kuntar, accueilli comme un héros national dans un Liban dont le gouvernement a interrompu toutes les activités pour fêter son arrivée, et salué comme un «combattant héroïque» par l’Autorité palestinienne, révèle bien toute la profondeur de l’hostilité envers Israël et de l’immoralité libanaises – de quoi perturber quiconque se soucie de l’âme arabe.

 

L’échange a de nombreuses conséquences néfastes.

 

Il encourage les terroristes arabes à capturer d’autres soldats israéliens, puis à les tuer.

Il consolide l’influence du Hezbollah au Liban et lui apporte une légitimation au niveau international.

Il enhardit le Hamas et rend plus problématique un éventuel échange de ses otages israéliens.

Enfin, bien que cet incident paraisse modeste comparé à la question nucléaire iranienne, il lui est bel et bien lié.

 

Les grands titres de la presse internationale du style «Israël en pleurs, le Hezbollah en fête» confirment l’image d’Israël, aussi largement répandue qu’erronée, de «toile d’araignée» qu’il serait facile de détruire.

Ce récent échange peut encourager davantage encore les dirigeants iraniens, déjà grisés de visions d’apocalypse, à brandir leurs armes.

Pire, comme le relève Steven Plaut, en mettant en équivalence «des meurtriers de masse d’enfants juifs et des soldats combattants», l’échange justifie en fait «l’extermination en masse des Juifs au nom de l’infériorité raciale juive».

 

Pour ceux que le sort et la sécurité d’Israël préoccupent, j’ai deux consolations à proposer.

 

D’abord, Israël reste un pays puissant, qui peut se permettre de faire des erreurs – une estimation prévoit même qu’il survivrait à un affrontement nucléaire avec l’Iran, contrairement à son adversaire.

Ensuite, l’affaire Kuntar pourrait déboucher sur une surprise.

Un officiel israélien de haut rang déclara à David Bedein que la sortie de prison de Kuntar met fin à l’obligation d’Israël d’assurer sa protection ; en arrivant au Liban, il devenait «une cible d’assassinat. Israël l’aura et il sera tué (…) les comptes seront réglés.»

Un autre officiel ajouta que «nous ne pouvons pas laisser cet homme croire qu’il pourra rester impuni pour la mort d’une petite fille de quatre ans».

 

Qui rira le dernier, le Hezbollah ou Israël ?

 

Daniel Pipes pour Jerusalem Post sur http://www.ajm.ch/wordpress/

Par Ofek - Publié dans : Terrorisme
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Lundi 21 juillet 2008 1 21 /07 /Juil /2008 11:48

« Les gens critiquent fréquemment certains aspects du conflit israélo-arabe parce qu'il ne débouche pas sur la paix. Mais exprimer une indignation morale de ce genre, comme l'ont fait Paul Heywood-Smith et Bassam Dally dans l'Informateur de la semaine dernière, c'est ne pas voir le nez au milieu de la figure. Ce nez, ce ne sont pas les implantations israéliennes. Ce n'est pas non plus seulement le terrorisme palestinien.

 

Ce qui fait que la paix israélo-palestinienne se dérobe en permanence réside uniquement dans le refus. La majorité des Palestiniens et des élites arabes rejettent toujours fondamentalement le droit d'exister d'Israël.

 

Étant donné qu'Israël existe depuis 60 ans, cela semble bizarre. Mais voila qui explique pourquoi les livres, les émissions télévisées palestiniennes et même les colonies de vacances pour des enfants veulent imposer l'idée d'une destruction censément inévitable d'Israël. C'est ce qui explique la décision palestinienne de boycotter le Congrès International des géographes du mois prochain parce que les Israéliens seront présents. Plus important encore, cela explique pourquoi la plupart des États arabes refusent de faire la paix avec Israël.

 

Oui, la Ligue arabe a élaboré un plan de paix entre les Arabes et Israël. Mais il transparaissait clairement de sa formulation que l'on exigeait en réalité d'Israël de se dissoudre lui-même en absorbant tous les réfugiés palestiniens, plus leurs descendants. C'est à cette condition seulement que les pays arabes accepteraient d'ouvrir des négociations avec Israël. Absorber quatre millions de non-Juifs ôterait sa substance juive à l'État juif, serait l'annulation d'Israël. Israël a suggéré d'utiliser cette proposition comme base de négociation. La Ligue arabe l'a rejetée catégoriquement, prouvant ainsi qu'elle ne tentait pas d'instaurer la paix, mais de salir l'image d'Israël avec ce rejet.

 

Le refus général d'Israël en tant que société distincte des autres sociétés du Moyen-Orient conduit beaucoup d'Arabes à lui faire grief des fléaux de la région.

 

Cette absurdité a été partiellement reprise à leur compte par des étrangers qui affirment que la paix ne sera effective au Moyen-Orient que si les gouvernements américain et australien devenaient "d'honnêtes médiateurs" et faisaient pression sur Israël pour démanteler les implantations, par exemple. Mais ces gouvernements sont honnêtes. Ils critiquent l'autorité palestinienne parce qu'elle ne met pas un terme à la corruption, au terrorisme et à l'incitation à la haine. Les sujets sur lesquels ils pensent qu'Israël se trompe, ils en parlent aussi. La plupart du temps, les gens qui appellent les gouvernements à être "d'honnêtes médiateurs" dans ce conflit, veulent plutôt dire, avec des procédés malhonnêtes, qu'ils veulent que ces gouvernements excusent les méfaits des Palestiniens.

 

En outre, ceux qui pensent qu'en démantelant les implantations israéliennes on améliorera le genre de vie et des droits de l'homme au Moyen-Orient arabe (ou que l'on empêchera les sunnites et les chiites de s'entretuer en Irak) sont en plein rêve.

 

En 2005, Israël a démantelé ses implantations à Gaza, dans une action volontaire conçue pour susciter en retour une attitude pacifique chez les Palestiniens.

 

Il n'en est pas résulté un comportement pacifique en retour. Le nombre de fusées tirées sur les villes israéliennes voisines à partir de Gaza a considérablement augmenté.

 

Les médias palestiniens ont présenté le retrait israélien comme une défaite militaire, invitant les combattants palestiniens à en faire deux fois plus pour vaincre les sionistes une fois pour toutes. Les Palestiniens n'ont construit ni des habitations, ni une industrie dans les anciennes implantations.

 

Ce que je veux dire ? Les implantations sont souvent critiquées comme étant des entraves au développement palestinien et la cause de la violence. Cependant, quand l'excuse des implantations à été supprimée, le développement ne s'est pas réalisé, et la violence n'a pas décru non plus.

 

D'ailleurs, tous les acteurs du conflit savent que lorsqu'un accord sur le statut final sera signé, toute présence juive dans ce qui deviendra la Palestine sera éliminée. Si Israël conserve quelques implantations, les Palestiniens auront une contrepartie israélienne dans le cadre d'un échange de terre négocié. La Palestine deviendra l'État Judenrein (nettoyé de toute présence juive) qu'elle a toujours rêvé être.

 

Bien que ces faits soient bien connus, il y a des gens qui affirment que les implantations empêchent la paix. L'annonce récente par les Israéliens de la construction d'appartements supplémentaires à Jérusalem-Est est mentionnée à titre d'exemple. Mais ces appartements ne sont pas de nouvelles implantations, ils ne retirent pas la moindre terre aux Palestiniens ; ils sont tous dans des banlieues juives qui existent déjà.

 

Les Palestiniens peuvent bien détester les implantations, elles ne sont pas la cause de l'absence de paix. La raison de cette absence est le rejet perpétuel du droit d'Israël d'exister.

 

Pourquoi la direction palestinienne a-t-elle décliné des offres de paix en 1937, en 1947, en 1967, en 2000 et en 2001 ? Ce n'est pas parce qu'elle ne voulait pas un État, mais parce qu'accepter un État impliquait d'accepter également qu'Israël existe à ses cotés.

 

Ainsi pourquoi Yasser Arafat a-t-il signé des accords intérimaires avec Israël au cours du processus d'Oslo de 1993 ? Parce qu'il était prêt à prendre tout ce qu'il pouvait - des armes, de l'autonomie, etc... - mais qu'il n'était pas prêt à signer un accord sur le statut final. Quand il a été poussé dans ses retranchements à Camp David en 2000, Arafat a décliné l'offre de deux États sans formuler de contre-proposition.

 

Il n'y pas de paix en raison du refus d'Arafat à l'époque et du Hamas maintenant. C'est ce qui engendre le terrorisme, qui produit lui-même des tentatives pour l'arrêter, ce qui provoque un durcissement des positions des deux côtés. Si l'élite palestinienne prenait la décision historique de s'accommoder d'un État à ses cotés, et pas à la place l'État juif, la paix pourrait être rapidement réalisée. »

 

Titre original : « La paix se dérobera tant que le monde arabe n'acceptera pas la réalité d'Israël » de Bren Carlill, pour The Autralian sur http://www.objectif-info.com/index.php?id=1069

 

Bren Carlill est chercheur au Conseil Autralie-Israël et des affaires juives.

Par Ofek - Publié dans : Analyses géopolitiques internationales
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Jeudi 17 juillet 2008 4 17 /07 /Juil /2008 20:59

« Nos ennemis nous connaissent par cœur, ils nous entendent et nous comprennent mieux que nous ne comprenons nous-mêmes le processus d’autodestruction que nous réalisons de nos propres mains.

 

Nos ennemis voient en face d’eux un peuple «hystérique, sentimental, pleurnicheur, jouisseur, matérialiste, indulgent, individualiste», un peuple qui se prend des coups et qui les encaisse, qui a perdu ses racines historiques, son idéologie, ses valeurs, son sentiment de solidarité, qui veut tout et tout de suite et qui est prêt à payer n’importe quel prix, sans tenir compte des conséquences futures de son attitude irresponsable.

 

Nos ennemis constatent que nous avons une presse engagée, qui a investi des heures de diffusion et des pages de journaux incalculables pour créer un mélodrame médiatique sur le fond des larmes d’une épouse et des soupirs d’une mère et qui, ce faisant, a influé sur l’opinion publique et l’a convaincue qu’il faut payer n’importe quel prix pour obtenir un résultat dans l’immédiat.

Qui a chargé les journalistes de fixer les priorités nationales ?

Qui a fixé qu’il est juste de rendre un assassin en vie contre deux morts ?

Un de ces journalistes a-t-il pensé aux conséquences des pressions qu’ils ont exercées sur ce gouvernement de serpillières dans l’avenir ?

 

Quiconque connaît l’ABC des marchés au Moyen-Orient, sait très bien que dès l’instant où un bord se montre stressé, le prix augmente et que plus la tension monte, plus le prix est élevé.

L’attitude médiatique et publique que nous adoptons face à nos ennemis, que ce soit au Liban, en Syrie ou dans la bande de Gaza, leur montre que plus ils accroissent leurs pressions sur nous, plus nous serons disposés à payer plus cher afin que les pressions diminuent, qu’il s’agisse de pressions par le biais de missiles ou qu’il s’agisse de pressions psychologiques.

Résultat de notre panique médiatique et publique : nous faisons nous-mêmes grimper le prix du marché, même si nous ne pouvons pas nous permettre de le payer.

 

Telle est notre attitude déshonorante face au Hamas à Gaza, face au Hezbollah au Liban et face à la Syrie, alors que nous entendons chaque jour le refrain que les ‘Sages de Sion’ récitent comme des perroquets sur les médias : « Nous savons tous quel est le prix d’un cessez-le-feu / du retour de soldats retenus en otages / de la paix avec la Syrie » et quand nos ennemis entendent ça, pourquoi demanderaient-ils moins que ce que « tout le monde sait qu’il faut payer » ?

 

A part cela, notre montre diffère de celle de nos ennemis : chez nous, un gouvernement moyen ne tient pas plus de trois années. Donc, s’ils veulent obtenir quelque chose, ils leur faut agir en exerçant des pressions qui seront perçues par l’autre bord dans les plus brefs délais.

 

Les Musulmans, se basant sur le Coran, croient « qu’Allah est patient » et qu’il aide celui qui attend patiemment et qui est prêt à supporter les souffrances qu’impliquent la lutte et l’aspiration à la victoire finale qui finira par arriver «Inchallah».

Nassrallah leur en a donné l’exemple !

 

Un peuple qui n’a pas de patience, qui veut tout obtenir immédiatement et qui est incapable de supporter la vue de la pauvreté, de la faim, de la soif, les maladies et l’extrémisme qui l’entourent, ne peut survivre dans un Moyen-Orient aussi ancien, où les Chiites se battent encore pour récupérer le pouvoir sur l’Islam qui leur a été pris il y a 1400 ans et où des valeurs telles que la démocratie, les Droits de l’Homme et des minorités, des femmes, du culte ou du non culte, ne sont qu’un rêve lointain, encore plus lointain que notre souffle.

 

Seul un peuple idéaliste, conscient de sa mission, sûr qu’il est dans son droit et convaincu qu’il fait partie d’un processus historique, prêt à supporter et à payer le prix de sa survie, à la sueur de son front et au prix de larmes versées, seul un tel peuple peut survivre au Moyen-Orient.

 

Des serpillières post juives qui deviendront tôt ou tard post sionistes, n’ont pas leur place dans cette région. »

 

Titre original : « Le Hezbollah nous connaît par cœur » du Docteur Mordehaï Keidar,

Département des Etudes arabes à l’Université de Bar-Ilan et chercheur en stratégie au Centre Begin – Sadate sur http://www.a7fr.com/Default.aspx?tabid=52&articleType=ArticleView&articleId=54557

 

Combien vont coûter les autres otages ?

 

« Il n’y a pas eu d’échange de prisonniers, hier, entre Israël et le Hezbollah, c’est le moment ou jamais d’introduire une dimension de réalité dans le bazar aux sensations médiatiques qui vient de se dérouler. Ce qu’il y a eu, c’est un troc de prisonniers contre les restes de deux soldats hébreux assassinés sur le sol israélien et transférés, déjà morts, dans un frigo libanais pour servir de monnaie d’échange.

 

Il n’a jamais été question de "libération" des deux militaires, ni de leur "retour", ailleurs que dans les espérances de leurs familles et dans les communiqués du gouvernement.

 

Un gouvernement, qui a encore une fois montré son incapacité à gérer des négociations : Nasrallah n’avait strictement rien en main, alors qu’Olmert possédait un jeu fourni. La différence a résidé en ce que le leader chiite s’était défini une ligne de conduite et qu’il l’a strictement suivie.

 

Jusqu’à quelques minutes avant la remise des cercueils de Goldwasser et de Regev, à Rosh Hanikra, le Hezbollah avait imposé un poker fermé à l’Etat d’Israël. En d’autres termes, il avait posé comme condition à la discussion : "ce que nous avons d’israélien chez nous contre ce que vous avez de libanais chez vous, plus quelques babioles". Aussi insensé que cela puisse paraître de la part du gouvernement d’un pays sis au Proche-Orient, l’Etat hébreu a, sciemment, accepté ce marché de dupes.

 

Durant les deux ans qu’ont duré les tractations, Nasrallah s’est toujours refusé à remettre au médiateur allemand la moindre information relative à l’état des soldats israéliens en sa possession. C’était "à prendre ou à laisser", comme aux soldes de janvier, sauf qu’il s’agissait d’êtres humains ; le Hezb a proposé à Jérusalem d’acheter un chat dans un sac fermé et Jérusalem a accepté.

 

Mieux que cela, Olmert et Cie ont participé volontairement à l’escroquerie des Fous d’Allah, en répercutant à leur opinion publique le vocabulaire frelaté – ah, les mots, les mots, ils font et défont le monde ! – utilisé par Hassan Nasrallah. Jusqu’au dernier moment avant l’échange, et même ensuite, à l’occasion de la cérémonie destinée aux familles des défunts qui s’est déroulée dans une base de l’armée entre Nahariya et la frontière, nos ministres ont continué de parler du "retour des garçons". Comme s’il existait une quelconque ternissure à dire "restitution des corps de nos soldats".

 

En fait, le cabinet savait depuis longtemps que Goldwasser et Regev n’étaient plus de ce monde. Exactement depuis que l’ennemi avait présenté les termes d’ouverture de la transaction : cinq détenus arabes et des cercueils contre des Israéliens vivants, cela ne correspondait pas au cours de l’Israélien pratiqué dans notre région. Il suffit, pour s’en convaincre, de remarquer que l’exigence initiale du Hamas pour la relaxe du caporal kidnappé Guilad Shalit consistait en la libération de quatre mille terroristes jugés, purgeant leurs peine dans nos prisons. Le "deal" devrait prochainement se conclure autour de huit cents à mille détenus palestiniens contre la délivrance de notre soldat.

 

Voici le cours du jour de l’Israélien. On ne le connaît que trop bien, que ce soit à Jérusalem, à Métula et dans toutes les rédactions de presse du pays. De cela, il faut déduire que l’attitude d’Ehoud Olmert lors de cette négociation a été d’une stupidité absolue et ravageuse pour les intérêts d’Israël. Il a laissé, sans suffisamment y réfléchir, subsister l’espoir de revoir nos militaires vivants, alors qu’il savait aussi bien que nous que cet espoir n’existait pas.

 

Ce faisant, cette perspective, inventée par Nasrallah pour servir ses propres desseins, a donné lieu à un débat biaisé au sein de la société israélienne. Un public israélien toujours prêt à échanger des prisonniers vivants contre des assassins enfermés dans ses geôles. C’est sur la base de cette supercherie qu’a vu le jour un lobby toujours plus puissant et bien organisé, articulé autour des familles des défunts, et qui a poussé le gouvernement à l’accord avec le Hezb.

 

On peut dire que le gouvernement s’est auto-piégé ; hier, avant de découvrir les bières de nos soldats, plus de soixante pourcents de nos concitoyens se déclaraient favorables à l’échange. S’ils avaient été informés de ses modalités lorsqu’elles furent connues, je suis persuadé que la proportion aurait été inversée et que le marché n’aurait pas eu lieu.

 

Car il s’agit d’un marché aux conséquences catastrophiques. La plus grave, à mes yeux, c’est que nous avons sacrifié notre monnaie d’échange en vue d’obtenir la libération du navigateur Ron Arad vivant, pour obtenir les restes de soldats que nous savions morts. Si ses gardiens lui ont rapporté la nouvelle de l’échange d’hier, Arad, qui croupit dans une prison iranienne depuis presque vingt-deux ans, a dû comprendre qu’il finirait probablement ses jours en captivité.

 

Je viens de parler de Ron Arad vivant, sur quelle base me le suis-je autorisé ? Simplement, parce que nous possédons des preuves, dont des photographies authentifiées, qu’en octobre 1986, après s’être éjecté de son Phantom, l’aviateur était prisonnier des chiites, vivant et en parfaite santé. Or, la logique veut que s’il n’a pas été abattu par ses tortionnaires ou s’il n’est pas mort de maladie, Ron Arad continue de vivre son supplice inhumain, privé de tout contact avec le monde extérieur et sa famille, sans même mentionner les privilèges garantis par les conventions internationales. Les conventions en la matière étant respectées par les régimes civilisés et non par les sadiques dégénérés aux mœurs médiévales.

 

Ensuite, il suffit de penser à nouveau au "cours de l’Israélien" lors des échanges avec nos ennemis pour saisir que les Iraniens n’ont aucun intérêt à exécuter le navigateur d’un avion, dont le modèle n’est, depuis longtemps, plus en service dans notre armée de l’air. Et s’il fut malade, je vous assure que les médecins perses auront fait des prouesses pour le maintenir en vie.

 

Il est possible qu’Olmert et ses ministres aient procédé à l’enterrement d’Arad, sans raison politique ou humanitaire apparente. Mais, de plus, ils ont introduit un dangereux paramètre de corruption conceptuel dans la vie politique israélienne, en permettant aux familles Goldwasser, Regev et Shalit de dicter sa conduite au gouvernement. Israël s’est mise à mélanger l’émotionnel et le rationnel dans son processus de prises de décision. C’est sans doute le signe de notre intégration accélérée dans la mentalité moyenne-orientale, mais en considération des risques existentiels qui nous menacent actuellement, j’avoue que cela m’effraye un peu.

 

Hier, je n’ai cessé de penser aux 160 familles des autres victimes israéliennes de la guerre de 2006, dont le travail de deuil m’a semblé entamé par la focalisation artificielle et disproportionnée sur les familles d’Eldad et d’Ehoud. Par temps de paix, au Luxembourg ou sur les Îles Seychelles, on pourrait comprendre cette excitation, mais dans un pays qui a déjà perdu à la guerre 22 000 de ses femmes et de ses hommes, on est forcé d’avoir la mort modeste.

 

En cas de conflit impliquant l’Iran, le Hezbollah, le Hamas et la Syrie, la Ména établit nos pertes probables, civiles et militaires confondues, entre 5 et 10 000 individus. En suivant les normes et la sur-sensiblité appliquées aux cas Goldwasser et Regev, Israël ne s’en sortira pas ; autant abandonner l’idée d’une opération en Irak et hisser le drapeau blanc sans attendre, en espérant la miséricorde de nos ennemis. A noter encore, sur ce point, que l’ensemble des media bleus et blancs ont également délaissé leur rôle d’informateurs, pour prendre la direction des affaires du pays, en compagnie des familles des kidnappés morts.

 

Cette situation n’est rendue possible que par la faiblesse insigne du 1er ministre actuel, que son incompétence et ses démêlés judiciaires poussent à la démagogie, aux négociations à l’emporte-pièce et au non-exercice de ses obligations de décision. Le principe physique de l’appel du vide est derechef démontré : si ceux qui gouvernent omettent d’exécuter leur tâche, les media et les groupes d’intérêts l’exécutent à leur place.

 

Mais pauvre d’Israël, dans la conjoncture actuelle, si elle est dirigée par la rue, ses instincts et ses sautes d’humeur. Ce n’est plus uniquement une question judiciaire : selon quelle norme de gouvernement le 1er ministre devrait-il attendre d’être inculpé par un tribunal pour démissionner ? Et l’éthique, bordel ! Le respect de soi, le sens des responsabilités et l’intérêt de la société ! La justice ne vient qu’après. La justice n’est pas le critère unique du comportement politique, elle doit demeurer un buttoir pour les cas extrêmes : Ehoud Olmert doit partir. Terriblement tout de suite.

 

Car il a permis à Hassan Nasrallah, qui n’avait toujours pas le moindre as dans son jeu, mais de la suite dans les idées, de connaître le triomphe, hier, à Beyrouth. Il avait dit qu’il obtiendrait la libération de l’immondice humanoïde Samir Kuntar et le gouvernement d’Israël lui a permis de tenir parole. Dans le monde arabe, qui a coutume de ne se nourrir que de promesses creuses, ceci ne peut être considéré que comme une victoire. Cheikh Hassan Nasrallah, le leader arabe qui tient ses promesses et qui tourne Israël en bourrique, en lui vendant un chat dans un sac fermé. Super Nasrallah, qui est devenu l’idole de la rue arabe, l’exemple à suivre, l’honneur retrouvé, etc. .

 

Super Nasrallah, qui a transformé la justice israélienne en échoppe de farces et attrapes, perdant ce qu’il lui restait de pouvoir dissuasif. Les terroristes assassins d’enfants savent désormais qu’ils ne purgeront pas l’entièreté de leurs peines dans les prisons israéliennes, et que chaque heure qu’ils y passent leur sera payée au centuple lorsqu’ils seront adulés – comme Kuntar à Beyrouth – par le peuple arabe en liesse et la classe politique, au complet et en grand apparat.

 

Ne craignons pas de l’écrire, l’échange de mercredi a objectivement rendu la société israélienne plus perméable aux initiatives terroristes. La notion de justice s’en trouve elle-même ébranlée, qui ne tolère pas qu’un assassin de fillettes recouvre la liberté, alors que des droits communs continuent de payer leur dette à la société. Pour être respectée, la justice doit être appliquée également à tous, il y va de sa crédibilité et, par conséquence, de la probité du citoyen.

 

Fort Nasrallah ! Il assassine huit soldats israéliens en transgressant, par surprise, une frontière internationalement reconnue ; ses miliciens récupèrent les restes de deux militaires qu’ils viennent d’assassiner ; il déclenche une guerre lors de laquelle 1 500 Libanais perdent la vie et un millier d’autres sont blessés, dans leur immense majorité des miliciens, des terroristes et des petites mains de son organisation, qui se retrouve décimée en août 2006 ; et en juillet 2008, avec l’aide d’Olmert et de son gouvernement, il obtient la mainmise sur le Liban. Le droit de veto sur les décisions de son cabinet.

 

Hier, sans être présent physiquement, se terrant depuis deux ans de crainte qu’Israël ne lui ouvre les portes de l’enfer, il réunit les représentants de tous les courants libanais, le président Suleiman [1], le 1er ministre Siniora qu’il avait encerclé il y a deux mois à peine, le général Aoun, qui y a perdu son âme et notre respect, tous les cheikhs, les imams et les chefs de toutes les églises. Et à l’endroit précis – sur le tarmac de l’aéroport de Beyrouth -, où la classe politique française avalisait, il y a quelques semaines, son putsch sur le pays aux cèdres, Nasrallah les force tous à embrasser une racaille, revêtue à la hâte de l’uniforme de l’armée libanaise, dont la seule action notable de son existence a consisté en l’assassinat d’une famille, dans les conditions que vous savez maintenant.

 

Le Hezbollah a réussi l’exploit, sans précédent depuis l’élection de Bachir Gemayel, de générer, pour quelques heures au moins, l’union sacrée des politiciens les plus hypocrites de la terre, selon la formule inventée par notre camarade Michaël Béhé et qui n’avait jamais été aussi bien illustrée.

 

Réunir autant de monde pour béatifier l’écrasement de la tête d’une fillette de quatre ans, il fallait le faire, et il fallait surtout que ses ennemis soient assez naïfs pour le laisser faire. Ce qui a inspiré le commentaire approprié au naïf Ehoud Olmert – il lui reste le sens inné de la formule - :    

 

"Honte à la nation qui célèbre la libération d’une bête humaine qui a fracassé le crâne d’un bébé de quatre ans".

 

Une nation dont l’armée est désormais mélangée à la milice du Hezbollah, ce qui a fait balbutier à Mgr. Sfeir, le patriarche maronite, "en général, un Etat possède une armée, non pas deux". Il a raison Mgr. Sfeir, même s’il ne fait qu’effleurer un problème qui va, sans doute, précipiter le Liban vers sa perte.

 

Car, dans le fief du Hezb, à Daaya, où l’organisation terroriste avait réuni hier soir des dizaines de milliers de sympathisants pour recevoir Kuntar, il y avait des milliers de drapeaux vert et jaune des Fous d’Allah, quelques dizaines de drapeaux soviétique – on fait dans l’éclectisme, au sud de Beyrouth ! -  mais pas de drapeaux libanais. Ceux qui ne souffrent pas de daltonisme liront là le projet que Nasrallah réserve aux Libanais.

 

Lorsque après avoir été libérés par Israël, les ex-prisonniers libanais sont arrivés dans le village frontalier de Nakoura, ils ont été accueillis par une haie d’honneur composée de miliciens du Hezbollah faisant plusieurs fois le salut hitlérien, et d’une section de la sécurité libanaise. Kuntar et ses acolytes ont suivi, au rythme militaire, trois bannières strictement ordonnées : Hezb devant, libanaise en retrait, et, quelques mètres plus loin encore, celle de l’OLP.

 

Dans son discours de bienvenue, qui n’a, bien entendu, pas été traduit par les media occidentaux, l’imam du Hezbollah a affirmé que Kuntar n’avait pas été détenu par Israël mais par l’ensemble des nations occidentales. Que le Hezbollah n’avait pas vaincu qu’Israël, mais l’ensemble desdites nations. Que le Liban, qui avait été faible auparavant, avait été transformé en fer de lance de la Guerre Sainte mondiale.

 

Face à cette profession de foi, on peut choisir entre diverses postures : mettre en doute notre transcription, ne pas les prendre au sérieux, ne pas les croire ou s’inquiéter de leur projet, ce que je vous conseille de faire.

 

Les évènements d’hier posent problème. Tout en sachant fort bien qu’il existe au Liban de très nombreux êtres sensibles, courageux et moraux, à l’instar de notre camarade Béhé, des intermittents de la Ména libanaise, et de certains autres confrères, qui faisaient ce matin un compte rendu dégoûté des cérémonies d’hier, il y a fort à parier que la réception réservée au bourreau Kuntar va modifier les relations entre Israël et le Liban.

 

Mon interprétation de ce changement me mène à affirmer, qu’en cas de nouveau conflit induit par Nasrallah, Tsahal prendra beaucoup moins de risques afin d’épargner les communautés non chiites du Liban. Jusqu’à hier, les Israéliens ressentaient de l’indifférence, voir une certaine empathie pour leurs voisins du Nord. Depuis les images de mercredi, ces sentiments ont tourné à la pitié, au dégoût voire à la haine. Des sentiments incités par l’antijuivisme primaire qu’ont exprimé, ou endossé, les représentants de toutes les institutions libanaises à l’Aéroport Rafic Hariri. Nul doute que si le Liban se laisse emporter dans la Djihad de Nasrallah, il va vraiment connaître la signification des destructions massives.

 

L’Occident a regardé l’adulation d’un tueur d’enfants par un pays entier, qu’il croyait partiellement occidentalisé, avec circonspection. A l’Elysée, on avait du mal à croire que Michel Suleiman, qui embrassait Kuntar sur le tarmac, étreignit Nicolas Sarkozy il y trois jours seulement. Hier, les déclarations de Suleiman étaient plus proches de l’appel à la Guerre Sainte que de l’esprit de l’Union des Pays du pourtour de la Méditerranée. "C’est à désespérer de ces cons…" a soufflé à l’un de nos relais à Paris un proche conseiller de Sarkozy.

 

Quant à Israël, si elle entend survivre dans son environnement hostile, elle a meilleur temps de reconsidérer très rapidement ses priorités conceptuelles et d’assainir et rehausser les rangs de sa classe politique. Car faire plus mal et plus dangereux qu’elle n’a fait durant ce round d’affrontement avec le Hezbollah me paraît impossible. »

 

Note :

 

[1] En dépit de ce qui se lit un peu partout, notre camarade Michaël Béhé insiste sur l’orthographe "Michel Suleiman" (et non Sleiman) du nom de son nouveau président. Pour avoir suivi hier les reportages d’Al Jazeera et d’Al Manar, la chaîne du Hezbollah, nous ne pouvons que lui donner raison. (La rédaction).

 

Titre original : « La responsabilité du gouvernement dans la débâcle stratégique d’hier est totalement engagée » de Stéphane Juffa pour la Metula News Agency

Par Ofek - Publié dans : Israël
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Jeudi 17 juillet 2008 4 17 /07 /Juil /2008 13:56

Les faits, une épopée héroïque :

 

Samir Kuntar, le 22 avril 1979, à la tête de trois autres complices, Asslan, Al-Muayed et Al Abras, il franchissait à bord d’un Zodiac, à près de 90 à l’heure, la frontière marine d’Israël. Les terroristes abordèrent dans la paisible ville côtière de Nahariya, pour y mener ce que le FLP baptisera l’"Opération Nasser".

  

Vers minuit, ce jour-là, ces authentiques héros, après avoir liquidé un policier sur la plage, commirent un acte d’une bravoure inouïe en s’attaquant à la famille Haran, dans un immeuble locatif sis au 61 de la Rue Jabotinsky, faisant face à la Méditerranée. Le détenu libanais s’empara du père, âgé de 28 ans, Danny, et de sa fille aînée, Einat, qu’ils traînèrent jusqu’à la plage.

  

Smadar, la mère, parvint à ramper vers une cachette en y emmenant sa cadette, Yaël, deux ans, ainsi qu’un voisin. Malheureusement, en bâillonnant Yaël pour l’empêcher de pleurer, sa mère l’étouffa.

  

Sur la plage, entre-temps, la déchéance dans le comportement humain atteignait son comble. Après avoir ordonné à ses complices de faire le guet, Kuntar exécuta Dany d’une balle tirée à bout touchant dans le dos, sous les yeux de sa fille. Et pour s’assurer que le père avait rendu l’âme, le "doyen des détenus libanais", selon la formule imagée de Schattner, noya le visage de Danny sous l’eau durant de longues minutes.

  

On n’était toutefois pas encore au sommet de l’horreur. Samir Kuntar, retournant sur ses pas, réalisant qu’il n’avait pas encore accompli tous les objectifs de l’Opération Nasser, s’en prit alors à la petite Einat. Il commença par lui administrer de violents coups sur la tête avec la crosse de son fusil, puis transporta son ennemie de quatre ans sur un rocher, où il termina de lui fracasser le crâne. Les paramédicaux parvenus sur place après la neutralisation de deux des terroristes et l’arrestation des deux autres, avaient rapporté à l’époque que l’état du cadavre de l’enfant était "irregardable".

 

Il est arrêté et condamné, le 28 janvier 1980, à cinq peines de prison à perpétuité, plus quarante-sept années pour quintuple meurtre et blessures. En 1985, ses camarades cherchent à obtenir sa libération en détournant le bateau de croisière italien Achille Lauro, qui a à son bord des passagers israéliens et américains [dont un septuagénaire juif américain paraplégique qui est jeté par-dessus bord avec sa chaise roulante].

 

Durant son séjour en prison, Kuntar a effectué des études de sciences humaines et sociales par correspondance jusqu'au niveau du magistère.

 

Hier, le 13 Tamouz 5768 (16 juillet 2008), ce héros du monde arabe et quatre autres vermines de la même espèce ont été échangés contre deux otages israéliens enlevés par le Hezbollah il y a plus de deux ans et dont on ignorait tout de leur état en dépit de toutes les conventions internationales ou même humaines.

 

Hier donc, on a enfin pu avoir de leurs nouvelles, ils sont rentrés à la maison dans des cercueils et les services d’identification des corps n’ont réussi leur mission qu’après de longues heures dues au fait que leur ravisseurs les avaient certainement laissé mourir des suites de leurs blessures, sans leur apporter le moindre soin médical, et n’avaient pas pris les précautions d’usages en matière de conservation des corps (vous voyez ce que je veux dire).

 

Israël est bien sûr sous le choc. La population est partagée entre la fierté d’avoir tout fait pour récupérer ses enfants morts ou vifs et le dégoût que peut inspirer le fait d’avoir cédé au plus macabre chantage de ses ennemis en relâchant une bête sauvage qui n’a jamais éprouvé le moindre regret de ses actes, bien au contraire.

 

La preuve :

 

C'est dans la joie et sous des dizaines de drapeaux du Hezbollah que Samir Kuntar et les quatre autres prisonniers libanais ont été accueillis dans leur pays. Vêtus de l'uniforme de la milice chiite, les cinq ex-détenus ont remercié et embrassé plusieurs hauts responsables du Hezbollah. La cérémonie doit se poursuivre à l'aéroport de Beyrouth.

 

Samir Kuntar transmet ses salutations à Hassan Nasrallah. Sa première réaction publique après sa libération de la géôle israélienne a été de remercier le chef du Hezbollah pour avoir enlevé les 2 soldats israéliens, et pour avoir relevé l'honneur des Libanais.

 

Le président Michel Sleimane (le même que la France a fait asseoir dans la tribune d’honneur du défilé du 14 juillet) remercie le Hezbollah qui a contribué à la libération des 5 détenus libanais. Libération qu'il a qualifiée de ''nouvelle victoire''.

S'adressant à Israël, il a ajouté : ''Notre joie sera complète lorsque le Liban récupèrera toute la souveraineté sur les fermes de Chebaa. Tous les moyens sont bons pour y parvenir''.

 

L'assassin Samir Kuntar s'est adressé à la foule venue le saluer au stade de Beyrouth et a insinué que le Hezbollah attaquera Israël plus violemment à l'avenir.

Il a précisé qu'« Israël se languira d'Imad Moughniyeh ».

 

Le secrétaire général du Hezbollah Hassan Nasrallah a déclaré que son organisation agira pour obtenir le retour des fermes de Chebaa et de Kfar Rajar à la souveraineté libanaise. Se posant en leader libanais, il a demandé « à tous de participer à la défense de ce pays ».

 

« Les Israéliens vont payer un prix important pour la libération de Guilad Shalit » a déclaré depuis la Bande de Gaza ce mercredi, le leader du Hamas, Ismaïl Haniyeh, à la suite de l'échange de prisonniers entre Israël et le Hezbollah.

 

Il n'aura pas fallu longtemps à Samir Kuntar pour reprendre ses déclarations véhémentes. Lors de la cérémonie organisée par le Hezbollah, l'assassin libanais a déclaré qu'il n'était « revenu de Palestine que pour y retourner », poursuivant « je rentrerai en Palestine avec mes compagnons de la résistance ».

 

Le chef terroriste du Hezbollah chiite libanais, Hassan Nasrallah, a prononcé mercredi soir à Beyrouth un discours cynique célébrant le retour du chef terroriste Samir Kuntar et de quatre autres terroristes libérés par Israël.

« Le fait qu'Israël ignorait le sort des soldats nous a aidés dans les négociations », a affirmé Nassrallah.

Et d'ajouter : « Israël n'a pas fait cet échange pour des raisons humanitaires, mais parce qu'il craignait pour sa sécurité. Il savait très bien que nous remplirions nos engagements jusqu'à ce que Samir Kuntar soit libéré ».

 

Hassan Nasrallah a affirmé mercredi soir que la crainte d'Israël d'assister à d'autres enlèvements a contribué au succès de l'échange de prisonniers.

« Le temps des défaites est révolu, c'est maintenant le temps des victoires », a-t-il notamment déclaré.

 

Il a tenu mercredi soir un discours diffusé sur des écrans au cours de la cérémonie de bienvenue organisée en l'honneur de Samir Kuntar et des terroristes libanais libérés par Israël. Nasrallah a affirmé qu'après la restitution des prisonniers, le Hezbollah s'appliquerait maintenant à récupérer les terres des fermes de Chebaa et le village de Ghajar.

« Notre objectif est de libérer le reste de nos terres. Nous sommes prêts à parler d'une stratégie de libération des fermes de Chebaa, des collines du village de Chebaa et de la partie occupé du village de Ghajar. Nous insisterons sur cette discussion », a déclaré Nasrallah. Et d'ajouter : « Nous demandons que tous participent à la protection de l'Etat. »

 

L'Iran félicite le Hezbollah pour l'échange de prisonniers avec Israël. Le ministre iranien des Affaires étrangères Manouchehr Mottaki a qualifié la libération de l'assassin Samir Kuntar et des 4 détenus libanais, de ''succès pour le Hezbollah et la résistance islamiste au Liban''.

 

Samir Kuntar a assisté à une cérémonie militaire devant le tombeau d'Imad Moughnieh à Beyrouth. L'assassin libanais ainsi que les 4 autres détenus libérés mercredi par Israël, vêtus du treillis vert des combattants du Hezbollah, se sont recueillis dans le quartier de la Dahiya, le bastion du Hezbollah au sud de la capitale, sur la tombe du chef des opérations de la milice chiite éliminé en février dernier à Damas.

 

A peine sorti des prisons israéliennes, le héros assassin Kuntar ne cache pas ses ambitions dans la vie - ou plutôt dans la mort devrait-on dire - puisque devant la tombe de son "illustre modèle" en matière de barbarie, Imad Moughnieh, Kuntar a déclaré qu'il « ne s'arrêterait pas avant d'être devenu un Shahid (martyre) ». Encore un exemple d'ambition chère à nos ennemis ...

 

Le quartier chiite de Dahariyah (Beyrouth), fief du Hezbollah, se prépare à recevoir Samir Kountar avec tous les honneurs dus à un assassin dans le monde arabe.

Samir Kountar a déjà été pressenti à jouer un rôle majeur dans l'organigramme du Hezbollah.

Même l'épouse de Marwan Barghouti a fait le voyage jusqu'à Beyrouth pour "festoyer" avec les foules.

 

Une ''parade de la victoire'' des corps des terroristes remis mercredi par Israël, se dirige vers Beyrouth. Les Libanais lancent du riz et des pétales de roses sur les 190 cercueils enveloppés des drapeaux libanais et du Hezbollah.

 

Le terroriste Samir Kuntar est arrivé dans son village d'Aviya. Il a été acclamé en héros par des milliers de personnes, principalement des Druzes (la communauté dont il est issu), et leur leader Walid Joumblatt.

 

C’est la fête dans tout le monde arabe.

 

Ofek

Par Ofek - Publié dans : Islam - Religion Amour Tolérance Paix
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Dimanche 13 juillet 2008 7 13 /07 /Juil /2008 12:54

Sarkozy veut livrer Jérusalem, capitale des Juifs, aux Arabes et aux musulmans.

 

« Il ne peut y avoir de paix [au Proche-Orient] sans la reconnaissance de Jérusalem comme capitale de deux peuples ».

Rappelons que Jérusalem n’a jamais été la capitale d’un Etat arabe ; n’a jamais été la capitale d’un Etat musulman ; et n’est pas mentionnée une seule fois dans le Coran.

 

À part ça, Sarkozy est l’ami d’Israël et des Juifs.

  

  • Sarkozy prône la purification raciale de la Judée-Samarie, la déportation des Juifs hors de Judée-Samarie, et la transformation de la Judée-Samarie en terre "Jüdenrein".

 

Le territoire appelé par les médias français « Cisjordanie » (terme créé en 1948 par la dictature jordanienne qui avait illégalement pris possession de cette terre) s’appelle en effet depuis plus de 3000 ans : Judée-Samarie. Depuis plus de 3000 ans, il est la terre du peuple juif.

 

« Une proposition existe (…) pour l'adoption d'une loi qui inciterait au départ les colons de Cisjordanie, moyennant compensation et relogement en Israël. Oui, il faut créer les conditions pour un mouvement » (Le Figaro, 23 juin 2008).

Sarkozy emploie à dessein le terme de "mouvement", plus présentable que celui de "déportation", pour masquer son but réel.

 

Le sénateur démocrate du New Jersey Robert G. Torricelli, à propos du droit de s'installer en Judée-Samarie: "La norme qu'on impose à Israël est unique et injustifiable dans l'histoire. Il n'y a aucune nation au monde qui, ayant conquis un territoire sur un ennemi l'attaquant, au prix du sacrifice de ses citoyens, soit obligée de le rendre".

 

À part ça, Sarkozy est l’ami d’Israël et des Juifs.

  

  • Sarkozy, président d’un Etat colonial qui possède des colonies sur tous les continents de la planète, appelle "colonies" les villes construites par des Juifs sur la terre des Juifs.

 

« Il ne peut y avoir de paix sans l'arrêt de la colonisation » (Le Figaro, 23 juin 2008).

 

La France est un Etat colonial qui a des colonies en Amérique du Nord (Saint-Pierre-et-Miquelon), en Amérique Centrale (Martinique, Guadeloupe, Saint-Martin, Saint-Barthélemy), en Amérique du Sud (Guyane), en Afrique (Réunion, Mayotte), en Océanie (Nouvelle-Calédonie, Polynésie Française, Wallis-et-Futuna) et en Antarctique (Îles Kerguelen, Terre Adélie).

 

À part ça, Sarkozy est l’ami d’Israël et des Juifs.

  

  • Sarkozy nie la réunification de Jérusalem en 1967, c’est-à-dire plus de 40 ans de l’histoire d’Israël.

 

« Il a réitéré son appel au "gel de la colonisation, y compris à Jérusalem-Est" ».

Parler de « Jérusalem-Est », qui n’existe plus depuis 1967, date de la réunification de Jérusalem, c’est pratiquer le négationnisme relativement à la réunification de Jérusalem, et donc relativement à l’histoire d’Israël.

 

À part ça, Sarkozy est l’ami d’Israël et des Juifs.

  

  • Sarkozy révèle donc que, pour lui, les Juifs sont le seul peuple de la planète qui n’a pas le droit de vivre sur sa terre et dans sa capitale indivisés.

  

À part ça, Sarkozy est l’ami d’Israël et des Juifs.

  

  • Sarkozy envoie Michèle Alliot-Marie, ministresse de l’Intérieur, déposer une gerbe de fleurs sur la tombe du terroriste égyptien Arafat, exterminateur de milliers de Juifs en Israël et hors d’Israël.

 

« Le geste de déposer une gerbe sur la tombe de Yasser Arafat, à Ramallah, a été confié à la ministre de l'intérieur, Michèle Alliot-Marie » (Le Monde, 21 juin 2008). 

 

À part ça, Sarkozy est l’ami d’Israël et des Juifs.

  

  • Sarkozy présente comme un homme de paix Mahmoud Abbas, auteur d’un livre dans lequel il nie l’existence des chambres à gaz et le génocide de 6 millions de Juifs par les nazis.

 

« Regarding the gas chambers, which were supposedly designed for murdering living Jews: A scientific study published by Professor Robert Faurisson of France denies that the gas chambers were for murdering people, and claims that they were only for incinerating bodies, out of concern for the spread of disease and infection in the region » (Mahmoud Abbas, The Other Face: The Secret Connection Between the Nazis and the Zionist Movement, Amman, Dar Ibn Roushd, 1984).

 

À part ça, Sarkozy est l’ami d’Israël et des Juifs.

  

  • Sarkozy félicite Mahmoud Abbas, qui vient de décerner la Médaille de la Bravoure à deux femmes terroristes "palestiniennes" qui ont participé à des attentats lors desquels des hommes, des femmes et des enfants juifs ont été tués en Israël.

 

« Le chef de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas vient d'approuver l'attribution de la "médaille de la bravoure'', l'une des distinctions les plus prestigieuses de l'OLP, à deux femmes terroristes détenues dans une prison israélienne, Ahlam Tamini et Amna Mouna. La première a conduit le terroriste responsable du terrible attentat du restaurant Sbarro, à Jérusalem, il y a sept ans : l'explosion meurtrière avait fait quinze victimes, et avait décimé des familles entières, tuant des parents avec leurs enfants. La seconde a attiré, par l'intermédiaire d'Internet, le jeune Ophir Rahoum, d'Ashkelon, afin qu'il soit assassiné par ses complices, à Ramallah » (16 avril 2008).

 

À part ça, Sarkozy est l’ami d’Israël et des Juifs.

  

  • Sarkozy, président d’un pays dans lequel ont lieu chaque jour des ratonnades antisémites, se rend en Israël pour soutenir les Arabes "palestiniens" dont une forte proportion complote en permanence pour massacrer les Juifs israéliens.

  

À part ça, Sarkozy est l’ami d’Israël et des Juifs.

  

  • Sarkozy critique la barrière de protection construite par Israël pour empêcher les terroristes "palestiniens" de commettre en Israël des massacres de Juifs, et qui a fait baisser de plus de 90% les tentatives d’attentats.

 

« Croyez-moi, ce n’est pas le mur qui garantira la sécurité d’Israël. C’est la création d’un Etat démocratique, indépendant à ses frontières, où il y aura des hommes portés par les urnes et non par les armes […]. On ne se protège pas avec des murs » (Libération, 25 juin 2008).

 

À part ça, Sarkozy est l’ami d’Israël et des Juifs.

  

  • Sarkozy met sur le même plan les Juifs israéliens civils exterminés par les terroristes musulmans "palestiniens", et les Arabes "palestiniens" terroristes éliminés par l’armée israélienne lors d’opérations antiterroristes menées pour protéger la population israélienne.

 

« Juifs et musulmans, Israéliens et Palestiniens, au fond vous partagez la même souffrance et la même douleur pour vos enfants ».

 

À part ça, Sarkozy est l’ami d’Israël et des Juifs.

  

  • Sarkozy accuse mensongèrement Israël d’être coupable de punition collective à l’égard des habitants de la bande de Gaza.

 

« Un million et demi d'hommes, de femmes et d'enfants sont enfermés dans ce territoire [la bande de Gaza]. La poursuite du blocus est contre-productive et conduit à punir collectivement la population civile » (Le Nouvel Observateur, 25 juin 2008).

 

« La restriction de la fourniture de biens dans un environnement de guerre ne constitue pas une "punition collective" selon la loi internationale. Le terme "punition collective" se réfère à l’imposition de peines criminelles et ne se réfère pas à l’acte légal de rétorsion (par ex. : sanctions, blocus). En fait, selon l’article 23 de la Convention de Genève (qui établit les normes pour la fourniture d’une aide humanitaire limitée), Israël n’a aucune obligation de fournir des biens, même des fournitures humanitaires de base, s’il est convaincu que ces biens seront détournés ou que la fourniture de ces biens aidera le Hamas dans son effort de guerre. Comme de nombreuses sources crédibles l’ont rapporté, le Hamas a détourné des fournitures destinées à la population de Gaza » (NGO-Monitor, 16 juin 2008).

 

À part ça, Sarkozy est l’ami d’Israël et des Juifs.

  

  • Sarkozy reprend, dans ses discours en Israël et hors d’Israël, tous les pires clichés de la propagande anti-israélienne et anti-juive.

 

« Je l'ai dit à nos amis Israéliens, on ne résoudra pas l'injustice faite au peuple juif en créant les conditions d'une injustice pour le peuple palestinien ».

 

Sarkozy met donc sur le même plan le génocide de 6 millions de Juifs par les nazis (une simple « injustice », selon lui) et les check-points mis en place par Israël en Judée-Samarie pour empêcher des terroristes arabes de massacrer des Juifs en Israël. De plus, pour qui sait lire, les propos de Sarkozy ressemblent un peu trop à ceux des extrême-gauchistes antisémites qui accusent les Juifs d’être des nazis.

 

À part ça, Sarkozy est l’ami d’Israël et des Juifs.

  

  • Sarkozy invite à Paris le dictateur syrien Bachar el-Assad, qui menace en permanence Israël avec des centaines de missiles à têtes chimiques et bactériologiques destinées à perpétrer le génocide de 6 millions de Juifs israéliens.

 

« Assad imagine être en mesure de lancer les missiles balistiques à ogives chimiques et bactériologiques qu’il détient contre les agglomérations israéliennes ».

 

« Syria has "one of the most advanced Arab state chemical weapons capabilities" and is continuing to develop an offensive biological weapons capability. In addition, Syria has "a combined total of several hundred Scud and SS-21 SRBMs [short-range ballistic missiles], and is believed to have chemical warheads available for a portion of its Scud missile force" (…) Since the 1970s Syria has pursued what is now one of the most advanced Arab state chemical weapons (CW) capabilities. It has a stockpile of the nerve agent sarin that can be delivered by aircraft or ballistic missiles, and has engaged in the research and development of more toxic and persistent nerve agents such as VX.  » (United States Under Secretary of State for Arms Control and International Security John Bolton, 2003).

 

À part ça, Sarkozy est l’ami d’Israël et des Juifs.

  

  • Sarkozy envoie des diplomates français discuter amicalement à Gaza avec les terroristes du Hamas, dont le but est le génocide mondial des Juifs.

 

« En août [2007], les postes diplomatiques français de Tel-Aviv et Jérusalem recevaient un télégramme autorisant les services à renouer avec les islamistes [du Hamas]. "Aujourd'hui, on passe à des contacts politiques", note un diplomate [français] à Jérusalem. (…) Pour la première fois, Sarkozy approuvait publiquement cette idée de "passerelle" [avec le Hamas] » (La France parle avec le Hamas, Le Figaro, 19 mai 2008).

 

L’article 7 de la Charte du Hamas prône le génocide mondial des Juifs.

 

À part ça, Sarkozy est l’ami d’Israël et des Juifs.

  

  • Sarkozy déjeune à Beyrouth avec des terroristes du Hezbollah, dont le but est le génocide mondial des Juifs.

 

« Nicolas Sarkozy rencontrera le Hezbollah à Beyrouth, où il se rendra samedi. Le parti islamiste devrait être représenté par le ministre démissionnaire Mohammed Raad. Mais pas question d’un tête-à-tête. Le président de la République le croisera au cours d’un déjeuner au palais présidentiel de Baabda, auquel ont été conviés des représentants des 14 partis participant au "dialogue national" libanais. Parmi lesquels le Hezbollah, mouvement considéré comme "terroriste" par les États-Unis, mais pas par l’Union européenne. Sarkozy ne voit donc aucun inconvénient à saluer un membre de cette formation, dont l’imposante milice a mené début mai ce que la majorité libanaise a qualifié de "coup de force" » (Le Figaro, 5 juin 2008).

 

Proclamation du Hezbollah de 1987 : « Partout où il y a des Juifs, nous les tuerons ».

 

À part ça, Sarkozy est l’ami d’Israël et des Juifs.

  

  • Sarkozy vend des centrales nucléaires à l’Algérie, à la Libye, à l’Arabie Saoudite et aux Émirats Arabes Unis, afin de permettre aux pays arabes d’avoir la bombe atomique et de la lancer sur Israël.

 

« La France et l'Algérie ont signé samedi deux accords de coopération dans les domaines de la défense et du nucléaire civil. (…) L’Algérie pourrait ainsi se doter d'une centrale nucléaire à l'horizon 2020 » (Le Point, 21 juin 2008).

 

« La France et les Emirats Arabes Unis signeront mardi un accord-cadre de coopération dans le domaine du nucléaire civil lors de la visite du président Nicolas Sarkozy à Abou Dhabi, confirme l'Élysée. "Ce sera le troisième accord dans ce domaine avec le monde arabe après la Libye et l'Algérie. C'est un contrat qui porte sur le développement et les utilisations de l'énergie nucléaire civile", a-t-on ajouté de même source ».

 

Une fois qu’un pays dispose d’une centrale nucléaire, il lui suffit d’extraire le plutonium contenu dans le combustible usé de cette centrale, pour obtenir de quoi construire une bombe atomique : « Il faut entre deux et six ans de production à une centrale [nucléaire] - tout dépendant de la puissance de son réacteur - pour produire de quoi alimenter sa première bombe. Le retraitement est une technique bien connue, aisée à mettre en oeuvre » (Association Française pour l’Information Scientifique).

 

À part ça, Sarkozy est l’ami d’Israël et des Juifs.  

 

« Dieu me garde de mes amis, mes ennemis je m’en charge » (Maréchal de Villars, 1709).

 

Leroidavid sur http://leblogdrzz.over-blog.com/article-21176650.html

 

Sur le même sujet :

 

Sarkozy, véritable ami d’Israël : Peut beaucoup mieux faire

 

Sarkozy à la Knesset, cession 2008 - Recalé : Graves lacunes en histoire et niveau médiocre en vocabulaire

 

Par Ofek - Publié dans : Politique Arabe de la France
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires
Vendredi 4 juillet 2008 5 04 /07 /Juil /2008 16:33

Le clan Betancourt, intox humanitaire ?

 

Le moment est venu de mettre les choses au point. Nous avons publié des informations sur les Farc – informations jusqu’à hier introuvables dans les médias francophones - les 11, 12, 14 et 22 janvier. Le 28 février. Les 3, 7, 8, 9, 10 et 28 avril. Le 28 mai. Les 5, 9, 13 et 17 juin.

Dans ce cadre - soit pendant six mois - certains nous ont traités de divers noms d’oiseaux. Mais depuis hier soir et ce matin nous lisons dans la presse francophone - y compris dans la presse francophone de gauche - ce que nous écrivons depuis six mois.

Faut-il alors - dans un esprit de justice - traiter à leur tour de divers noms d’oiseaux ceux de mes confrères qui - depuis 24 heures - écrivent ce que nous écrivons depuis six mois ?

 

Mais revenons d’abord sur quelques points et tirons ensuite quelques conclusions.   

J’écris depuis le début que les Farc ne sont pas des guérilleros marxistes. J’écris depuis le début que les Farc sont des narcoterroristes.

Or voici qu’hier 3 juillet au soir Axel Gyldèn sur L’Express.fr nous « révèle » - lui - « le vrai visage des Farc ». Le vrai visage des Farc que la communauté de sites et de blogues à laquelle j’appartiens révèle depuis le début. Hier soir Axel Gyldèn se décide enfin à souligner - je cite - « l'intérêt (du livre) ‘Farc, une guérilla sans fins ?’ dont l'auteur ­Daniel Pécaut directeur d'études à l'Ecole des hautes études en sciences sociales est tout simplement le meilleur connaisseur français du sujet. Qu'aucun ministre des Affaires étrangères ni aucun président français n'ait jamais eu l'idée de consulter cet expert (...) laisse d'ailleurs pantois », poursuit Axel Gyldèn (ndlr : Gyldèn aurait pu écrire cela dès avant la publication du livre).

 

« Ce petit livre clair et concis qui (...) décortique le mode de fonctionnement de cette narcoguérilla marxiste. (...) Particulièrement intéressantes sont les lignes consacrées à la  ‘politique de la cruauté’ et à la ‘stratégie de l'immobilisme’ des Farc. Une organisation qui n'a jamais sérieusement envisagé quand des négociations de paix étaient engagées de déposer les armes.

Un livre à conseiller à tous ceux - et ils sont nombreux en France - qui prétendent expliquer au gouvernement de Bogota comment il convient de négocier avec la guérilla », écrit encore Axel Gyldèn. Oui Monsieur Gyldèn. C’est ce que nous écrivons depuis six mois Monsieur Gyldèn.

 

Toujours dans le registre des révélations tardives je lis hier sous la plume de Marie Delcas dans le quotidien de gauche Le Monde que « Alvaro Uribe triomphe également contre tous les intermédiaires qui se sont essayés à la médiation avec les FARC et notamment la France qui depuis six ans n'a pas ménagé ses efforts – et probablement ses promesses – pour parvenir à la libération d'Ingrid Betancourt et n'a jamais rien obtenu de ces guérilleros intransigeants ». Notez. Le Monde écrit pour la première fois le 3 juillet ce que nous écrivons tous depuis le début.

Sophie Louet et Pascal Liétout sur Reuters hier 3 juillet à 19:37 écrivent qu’Ingrid Betancourt a retrouvé « sa famille dont ses enfants Mélanie et Lorenzo (ndlr : ainsi que Bernard Kouchner) à l'aéroport de Bogota peu après l'atterrissage de l'appareil de la République française (ndlr Airbus affrété par l’Elysée aux frais du contribuable français malgré 1.200 milliards de dettes et 50 milliards de déficit). Elle est montée sans attendre dans l'avion pour embrasser les siens qui luttaient pour sa libération depuis février 2002 date de son enlèvement (...)

La famille d'Ingrid Betancourt avait à plusieurs reprises vivement critiqué la stratégie de fermeté du président Uribe qui s'avère finalement payante », précisent Sophie Louet et Pascal Liétout sur Reuters.

Et en ce 4 juillet voilà Ségolène Royal déclarant que Nicolas Sarkozy n'est absolument pour rien dans la libération d'Ingrid Betancourt et que c'est une opération colombienne rondement menée qui prouve que les négociations avec les Farc étaient inutiles et n'avaient débouché sur rien. C’est Ségolène Royale qui le dit.

Et elle ajoute : « Voilà : ni polémique ni récupération politique qui serait totalement décalée parce qu'en l'occurrence Nicolas Sarkozy n'a été absolument pour rien dans cette libération ».

 

J’ai écrit que le moment est venu de mettre les choses au point et de tirer quelques conclusions.

 

Je reste convaincu que le clan Betancourt s’est prêté et se prête encore à une intox humanitaire montée de toute pièce par le Vénézuéla et la France. Les propos de la mère ainsi que de la fille d’Ingrid Betancourt - propos tenus hier soir à Bogota - en ont définitivement fourni la preuve.

La fille a condamné les opérations militaires colombiennes. La mère a dénoncé la haine et la violence du président colombien.

La fille et la mère d’Ingrid Betancourt continuent donc - avec quelle ingratitude ! - de privilégier la méthode humanitaire inefficace à la méthode militaire efficace. La Colombie libère Ingrid Betancourt sans tirer une seule balle et sans verser une seule goutte de sang.

Mais Mélanie fille d’Ingrid Betancourt condamne les opérations militaires, récitant sa phrase comme une enfant à qui l’on a appris à réciter par coeur le catéchisme anti-colombien. Et Yolanda Pulecio mère d’Ingrid Betancourt dénonce la haine et la violence du président colombien Uribe après que le président colombien Uribe lui est restitué sa fille Ingrid sans verser de sang et sans tirer de balles.

 

Ingrid Betancourt est reconnaissante envers Dieu, envers le Président colombien et Envers l’Armée colombienne. Elle l’a dit.

En revanche le clan Betancourt-Lecompte-Pulecio - y compris l’ex-mari d’Ingrid, père de Mélanie et Lorenzo, Juan-Carlos Lecompte - ainsi que la mère d’Ingrid, Yolanda Pulecio ont choisi et choisissent encore de se prêter à une intox humanitaire montée de toute pièce par le Vénézuéla et la France à des fins purement politiciennes.

Les Farc - forcément - le savent. Elles en profiteront pour relancer - avec le clown de Caracas et quelques sommités parisiennes - le cycle des négociations bidons au prétexte de la cause dite humanitaire.

Le Carnaval médiatico-humanitaire n’est pas terminé. Les Colombiens apprécieront.

   

Miguel Garroté  sur http://monde-info.blogspot.com/

 

Annexes :

 

1. Ingrid Betancourt a annoncé que le pape Benoît XVI la recevra la semaine prochaine au Vatican. « Je n'ai pas encore de date fixée mais le Vatican a confirmé ma rencontre avec le souverain Pontife. C'est un rendez-vous que l'on ne peut pas manquer ». A cette occasion, elle a estimé que sa libération est un miracle de la Vierge. Le premier geste public d’Ingrid Betancourt à sa descente d’avion, a été de se signer et de s’agenouiller longuement sur le tarmac de l’aéroport pour remercier le Seigneur de sa libération. « Merci à Dieu et à la Vierge. Oui, ce moment dont j’ai tant rêvé, j’en rends grâces d’abord à Dieu et à la Très Sainte Vierge, que j’ai vraiment beaucoup priée pour ma libération. J’en rends grâces ensuite à vous tous, ici présents, parce que vous avez si longtemps prié pour moi et les autres prisonniers, comme je priais moi-même ce matin pour qu’une libération au moins soit possible aujourd’hui ».

 

2. Lu dans Libération : [Nicolas Sarkozy] n’était en réalité pas dans la confidence.

Le président Alvaro Uribe, avec qui les relations étaient un temps devenues exécrables, l’a tout juste appelé mercredi soir [...] Depuis l’échec de l’envoi d’un avion médicalisé pour rapatrier Ingrid Betancourt en avril 2008, la France, qui avait un temps joué la carte des Farc via le président vénézuélien Hugo Chavez, se contentait de maintenir la pression sur le gouvernement colombien pour éviter une opération militaire qui mettrait en danger la vie des otages. [...]

Nicolas Sarkozy se trouvait dans le XVIe arrondissement de Paris, chez son épouse Carla Bruni, lorsqu’il a appris mercredi vers 21 heures la nouvelle de la libération d’Ingrid Betancourt. Retour à l’Elysée en catastrophe pour monter une opération de communication de crise.

Derrière la joie affichée transparaît un certain embarras des autorités françaises, qui depuis des mois avaient au contraire privilégié la négociation. Et notamment une médiation du président vénézuélien Hugo Chavez qui a l’oreille des Farc. Ce fut un échec [...].

Le Français insistait sur une négociation, estimant qu’une opération militaire ne pouvait que mettre en péril la vie de l’otage. Le Colombien restait décidé à écraser les Farc, même s’il accepta en juin 2007, à la demande de Paris, de libérer Rodrigo Granda, « le ministre des affaires étrangères » de la guérilla.

Peu après, Hugo Chavez entra en lice à la demande de la France. Son territoire servait de base arrière aux Farc et il avait donc les moyens de s’en faire entendre. Paris veut tenter toutes les pistes.

En novembre l’homme fort de Caracas est reçu à l’Elysée et, quelques jours plus tard, arrive enfin la « preuve de vie » demandée, une vidéo, la première depuis 2003.

Le 5 décembre le président français s’adresse dans un message télévisé au vieux chef historique des Farc, mort depuis d’une crise cardiaque, qu’il gratifie d’un « Monsieur Marulanda ».

Paris se dit prêt à accueillir des anciens des Farc qui renonceraient à la violence. Mais cette reconnaissance voire cette légitimation politique d’une guérilla considérée comme une organisation terroriste par Washington comme par l’UE, ulcéra Bogotá. « Les autorités colombiennes comme une bonne partie de l’opinion étaient choquées de voir leur pays traité comme un Etat en déliquescence », expliquait sur France Inter Daniel Pécaut, spécialiste de la Colombie.

Dès lors les relations se tendent encore plus entre Bogotá et Paris d’autant qu’en même temps le conflit latent entre Uribe et Hugo Chavez s’envenime autour de la question des otages.

Un nouvel appel télévisé est lancé début avril par Nicolas Sarkozy à Manuel Marulanda. Une mission humanitaire est envoyée pour porter secours à l’otage que l’on croit mourante, mais les Farc restent intransigeantes. Tout semble bloqué.

Puis il y eut le fait accompli de l’opération de mercredi soir sans qu’un seul coup de feu ne soit tiré.

 

Qui ne se réjouirait de la libération d'une femme, captive de cruels guérilléros dans la jungle colombienne depuis plus de six ans, et de ses retrouvailles avec des enfants au tempérament remarquable, qui ont courageusement combattu pour leur mère, des années durant.

 

Cependant, le battage médiatique que cette libération a provoqué en France est tout à fait démesuré.

Il faut tout de même rappeler qu'Ingrid Betancourt, personnalité politique très peu connue à l'époque en Colombie, avait transgressé les instructions très pressantes et répétées du gouvernement et de l'armée de son pays en se rendant jusqu'à Paujil, où les FARC l'ont capturée. Cette conduite aventureuse avait des motifs politiciens : soutenir un maire appartenant à son minuscule parti écologiste, et se positionner, dans la perspective de la future élection présidentielle.

On ne peut pas dire qu'Ingrid Betancourt soit le symbole d'une cause noble, mais celui d'une cause humanitaire. Par contre, ses bourreaux sont une des incarnations du terrorisme contemporain, un mélange de communisme, d'antiaméricanisme et de mafia.

 

Ce que la presse a presque tu, c'est que la libération de la célèbre captive est le résultat de la victoire d'une stratégie gagnante, la stratégie américano-israélienne sur une stratégie visiblement perdante, celle de Sarkozy-Chavez.

 

La stratégie de ces derniers consistait à faire peser toute la pression sur le président colombien Uribe, à le pousser à une négociation et à des concessions, mortelles pour la Colombie, au bénéfice de ses sauvages ennemis, et accessoirement à l'accuser d'un échec éventuel, ou de la mort de l'otage.

La stratégie américano-israélienne a consisté à renforcer les capacités militaires de la Colombie, à la doter des moyens logistiques et de renseignement, nécessaires à une guerre victorieuse de contre-guérilla et à la conduite d'opérations sophistiquées.

 

Ce sont les coups portés aux FARC qui ont désorganisé ses structures et ouvert la voie à une remarquable opération d'intoxication et à une libération "à l'israélienne", à laquelle Américains et Israéliens ont activement collaboré.

 

La stratégie de Sarkozy était d'autant plus déficiente qu'elle s'appuyait largement sur Hugo Chavez, un des dirigeants les plus toxiques au pouvoir en Amérique Latine depuis l'effacement de Fidel Castro.

Hugo Chavez a partie liée avec les FARC, et il est désireux, comme tout dictateur, de déstabiliser ses voisins indépendants.

Chavez a aussi partie liée avec l'iranien Mahmoud Ahmadinejad, dont il est le point d'ancrage en Amérique Latine. C'est dire qu'il est pleinement engagé dans un combat anti-occidental tous azimuts, accessoirement antisémite.

Il vient de prendre la tête d'un mouvement de pays sud-américains contre la directive européenne adoptée par le Parlement de Strasbourg pour réguler l'immigration en Europe, menaçant cette dernière de déclencher un boycott pétrolier.

Hugo Chavez se voit comme le grand leader d'une croisade anti-occidentale des damnés de la terre.

 

La volonté de Nicolas Sarkozy d'évoquer le nom de Chavez dans son allocution signale une volonté de consensus, qui confine à la faute politique et morale.

 

Nicolas Sarkozy a eu le mérite - mais pouvait-il faire autrement - de mentionner la captivité de Guilad Shalit, le soldat israélien de nationalité française, capturé par le Hamas sur le territoire israélien, il y a deux ans.

 

Dans l'enivrement médiatique interminable louant la libération de l'autre binationale, Ingrid Betancourt, la place consentie à Guilad Shalit s'est située entre epsilon et zéro.

La faute en revient essentiellement aux préjugés anti-israéliens enracinés dans le personnel politique français, comme dans celui de l'intelligentsia et des médias, par quatre décennies de militantisme antisioniste national depuis de Gaulle jusqu’à Jacques Chirac.

La faute en revient aussi à l'attitude, particulièrement effacée, de ceux qui soutiennent, en France, le combat d'Israël pour survivre et le combat contre le terrorisme.

 

Après la libération d'Ingrid Betancourt, la Franco-colombienne, à qui l'on a consacré autant d'espace médiatique, de ressources financières et d'engagement politique des plus hautes autorités du pays, il est temps de penser à l'autre Français qui est entre les griffes des fanatiques les plus cruels de la planète, Guilad Shalit.

 

Il est temps que l'État s'engage réellement, non pour le libérer, mais pour lui donner le soutien politique et idéologique ainsi que l'assise institutionnelle qu'il mérite, face à ses féroces geôliers.

 

Il est temps de donner à la cause de sa libération toute la place qui lui revient dans l'opinion, car nos médias, souvent financés sur fonds publics, ne doivent pas fonder leur devoir d'information sur des préjugés éculés.

 

Il est temps de créer des comités locaux de soutien et de promouvoir une information sur ce jeune homme, sur sa famille héroïque, sur l'absurdité de sa détention par un groupe sans pitié, dont les valeurs sont aux antipodes de ce qui fait la France.

 

Jean-Pierre Bensimon sur http://www.objectif-info.com/index.php?id=1003

Lire également : Les leçons de la libération d'Ingrid Betancourt

Par Ofek - Publié dans : Hypocrisie collective, Médias et Propagande
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Vendredi 4 juillet 2008 5 04 /07 /Juil /2008 09:28

 

L’émotion: elle a été le ressort de la mobilisation sans précédent pour Ingrid Betancourt. Mais c’est la ruse et la force qui ont permis au président colombien Alvaro Uribe, critiqué par les belles âmes pour son intransigeance face aux Farc et sa proximité avec George Bush, de libérer l’otage.

 

Inutile de tourner autour du pot, comme a pu le faire Rama Yade, secrétaire d’Etat aux droits de l’homme,  ce jeudi matin sur RTL, en commentant la libération d’Ingrid Betancourt : "La première leçon que je tire de cette libération, c’est que la pression internationale, ça marche", a-t-elle déclaré.

En réalité, la franco-colombienne, détenue depuis plus de six ans par les terroristes des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc), a été sauvée (et avec elle quatorze autres otages) grâce à la politique de fermeté d’Alvaro Uribe, décrié en France. Et cette constatation est dure à avaler pour tout un mouvement d’opinion qui avait fait du président colombien, fidèle allié des Etats-Unis, le responsable de l’intransigeance de la guérilla marxiste.

Quelques heures avant l’heureux dénouement, le candidat républicain à la présidentielle américaine, John McCain, félicitait d’ailleurs Uribe pour sa politique.

 

Les faits obligent à admettre que ce n’est pas l’option française de la négociation avec les Farc, menée à la fois par l’intermédiaire du président vénézuélien coqueluche des altermondialistes, Hugo Chavez,  et plus directement par le président Nicolas Sarkozy lui-même s’adressant par deux fois au chef du mouvement terroriste (aujourd’hui décédé), qui a eu raison du calvaire des otages.

 

Reste aujourd’hui à s’interroger sur les dessous politiques de cette diabolisation d’Uribe et sur la part réelle qu’a pu jouer l’impressionnante mobilisation française pour Ingrid Betancourt, remarquablement soutenue par sa famille et ses amis.

Mais cette valorisation médiatique de l’otage n’avait-elle pas contribué à augmenter sa "valeur marchande", aux yeux de ses geôliers ?

 

Ivan Rioufol sur http://blog.lefigaro.fr/rioufol/

 

Un petit mot pour revenir sur la libération d'Ingrid Bétancourt par l'armée colombienne. Dans notre Flash Spécial d'hier soir, je posais la question de savoir si ceux qui avaient tant critiqué, souvent avec outrance, le président colombien Alvaro Uribe auraient la décence de reconnaître leur erreur.

Certains l'ont fait. Mais pas tous.

 

Ainsi ce matin sur France Inter, le suffisant Bernard Guetta, spécialiste autoproclamé en géopolitique internationale, et qui s'est toujours trompé sur tout, a eu l'impudence de dire qu'Ingrid Bétancourt aurait pu être libéré plus tôt si les négociations menées par la France n'avaient pas été sabotées par le président colombien avec "l'assassinat" du numéro 2 des FARC en mars dernier. Quelle mauvaise foi !

 

Le conflit avec les FARC dure depuis 40 ans et ce conflit a fait entre 60.000 et 70.000 morts. C'est dire si le problème pour le gouvernement colombien était bien plus large que la simple libération d'Ingrid Bétancourt.

Alvaro Uribe s'est fait élire par le peuple sur un programme de fermeté et d'éradication des FARC. Politique qu'il a mené avec constance depuis sa première élection en 2002 avec l'appui résolu des Etats-Unis. L'élimination du numéro 2 des FARC n'était donc pas une sordide manoeuvre mais l'aboutissement d'une politique de longue haleine contre ces terroristes maffieux. C'est d'ailleurs l'élimination de plusieurs des chefs des FARC et la pression de plus en plus forte excercée par l'armée colombienne qui a désorganisé les terroristes et permis la magistrale opération de libération.

 

Comme toujours Bernard Guetta n'a rien compris ou plutôt fait mine de ne pas comprendre qu'il s'est totalement trompé durant toutes ces années sur la meilleure méthode qu'il fallait suivre pour libérer les otages.

Qu'on se souvienne en effet des critiques médiatiques lors de l'élimination de Raoul Reyes.

 

Ah, encore un mot monsieur Guetta. On élimine un terroriste, on ne l'assassine pas.

On assassine des victimes, on élimine des bourreaux.

 

Toujours la même inversion des valeurs chez les prétendus intellectuels français !

 

A Rebelles-Info nous sommes fiers d'avoir soutenu la stratégie du président Alvaro Uribe (et ici , ou encore ici)

 

David Bescond sur www.re

 

Qui sont les acteurs-clés de la libération d'Ingrid Bétancourt et des autres otages ? A l'heure où le président colombien Alvaro Uribe goûte à sa plus belle victoire personnelle, la question mérite d'être posée.

Depuis début 2008, les FARC connaissent une lente descente aux enfers. La jungle qui leur sert de couverture n'est plus un obstacle pour les forces colombiennes. De même, alors qu'ils se croient maîtres de la lutte clandestine, leurs courriers et leurs déplacements sont constamment pris en filature. Tollé en mars dernier : leur numéro 2, Raul Reyes, est abattu par l'armée colombienne durant une opération héliportée en Equateur. Quelques semaines plus tard, le leader historique des FARC décède d'une crise cardiaque, provoquant un vent de panique dans les rangs d'une organisation n'ayant jamais échafaudé de plans pour se renouveler.

C'est dans ce contexte qu'il faut comprendre la splendide opération menée par la DAS (services secrets) et le renseignement militaire colombiens, appuyés, nous le verrons, par des forces bien connues des lecteurs du blog drzz. 

Le renseignement colombien

Financée par les Etats-Unis depuis la "guerre contre la drogue" édictée par George Bush père au début des années 1990, l'armée de Colombie n'a jamais cessé de progresser  et de se spécialiser. Ses commandos qui évoluent dans la jungle et sur les plateaux difficiles d'accès, même en hélicoptères, ont été formés par les Etats-Unis, de même que leurs agences de renseignement.

La première d'entre elle, la DAS, a démontré son savoir-faire entre l'élimination de Ruyes et la libération de Bétancourt. Ces deux opérations, d'une grande complexité, étaient osées. La Colombie a gagné sa place dans la cour des grands.


Les Etats-Unis (CIA)

Comme les FARC détenaient Bétancourt ainsi que trois américains, employés de firmes sous-traitant l'armée américaine, les Etats-Unis ont participé activement aux recherches. Ils ont fourni les informations livrées par leurs satellites, ont activé leurs réseaux, fait parler leurs sources...

Le gouvernement colombien n'a pas manqué de noter que les Etats-Unis avaient activement participé à la libération d'Ingrid Bétancourt. La Maison-Blanche a confirmé, ajoutant que les espions américains n'avaient pas pris part à la phase finale de l'opération. 

Globalement, le combat américain en Colombie ne cible pas seulement les preneurs d'otages, mais aussi le régime Chavez qui menace la stabilité de l'Amérique du Sud. Il ne s'agit donc, en aucun cas, d'un coup de pouce passager. D'ailleurs, les Etats-Unis ont dépêché une flotte en Amérique du Sud pour contrôler les échanges entre le Vénézuéla et l'étranger.

Israël (Mossad)

En juin 2006, le renseignement équatorien annonce le démantèlement d'un réseau de trafic de drogue impliquant les FARC. Le destinataire des fonds de ce cartel n'est pas inconnu : il s'agit... du Hezbollah. La nébuleuse terroriste s'appuie sur les communautés arabes de Bogota pour blanchir de l'argent et garnir ses comptes en banques. Ce n'est pas vraiment une surprise. Depuis longtemps, l'Amérique du Sud, particulièrement le régime d'Hugo Chavez au Vénézuéla et ses alliés, servent de base arrière au jihad lancé au Moyen Orient. C'est ici qu'entre en scène un service dont les agents ont activement participé à la libération d'Ingrid Bétancourt : le Mossad israélien. 

En évoquant la libération de Bétancourt, les médias et le gouvernement colombien parlent pudiquement "d'anciens de Tsahal" ou même de "consultants israéliens" mais une simple analyse de l'axe FARC-Hezbollah nous permet de comprendre que le Mossad est impliqué dans cette opération jusqu'au cou. Simple question d'intérêt. La chute des FARC, c'est une belle victoire indirecte contre le Hezbollah.

PS : un article de Libération a confirmé cette analyse une heure plus tard.

 

Drzz sur http://leblogdrzz.over-blog.com/article-20954145.html

Lire également : Le cas d’école « Ingrid Betancourt » : Modèle d’une politique étrangère française vendue au plus offrant et de ses médias, vecteurs de propagande

Par Ofek - Publié dans : Terrorisme
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Jeudi 3 juillet 2008 4 03 /07 /Juil /2008 13:16

«Voici deux pays frères, unis comme les doigts de la main», déclarait le socialiste Hugo Chávez pendant une visite à Téhéran, en novembre dernier, pour souligner son alliance avec l’islamiste Mahmoud Ahmadinejad. Le fils de Che Guevara, Camilo, qui a aussi visité Téhéran l’an passé, a affirmé que son père aurait «soutenu le pays dans sa lutte actuelle contre les États-Unis». Ils imitaient ainsi Fidel Castro qui, pendant une visite rendue en 2001, déclara à ses hôtes qu’«en collaborant, l’Iran et Cuba pourrait mettre l’Amérique à genoux». Pour sa part, Ilich Ramírez Sánchez («Carlos le chacal») a écrit dans un livre intitulé L'islam révolutionnaire que «seule une coalition de marxistes et d’islamistes peut détruire les États-Unis».

 

Et il n’y a pas que les gauchistes d’Amérique latine à discerner un potentiel dans l’islamisme. Ken Livingstone, l’ex-maire trotskiste de Londres, embrassa littéralement le fameux penseur islamiste Yusuf al-Qaradawi. Ramsey Clark, ex-ministre américain de la Justice, a rendu visite à l’ayatollah Khomeiny et lui a offert son soutien. Noam Chomsky, professeur au MIT, s’est rendu auprès du leader du Hezbollah Hassan Nasrallah et a approuvé la décision du Hezbollah de conserver ses armes. Ella Vogelaar, la ministre hollandaise de l’Habitat, des Quartiers et de l’Intégration, est si bien disposée envers l’islamisme qu’un critique, le professeur d’origine iranienne Afshin Ellian, l’a appelée «la ministre de l’islamisation».

 

Pendant sa première campagne présidentielle en 2004, le démocrate américain Dennis Kucinich a cité le Coran et incité un public de musulmans à scander «Allahou akbar» («Dieu est grand»). Il a même déclaré: «J’ai un exemplaire du Coran à mon bureau.» Spark, la revue des jeunes membres du Parti travailliste socialiste britannique, a fait l’éloge d’Asif Mohammed Hanif, le terroriste suicidaire britannique qui a attaqué un bar de Tel-Aviv, le présentant comme un «héros des jeunesses révolutionnaires» qui a accompli sa mission «dans l’esprit de l’internationalisme». Workers World, un journal communiste américain, a publié une nécrologie louant les mérites du terroriste en chef du Hezbollah, Imad Mughniyeh.

 

Certains gauchistes vont plus loin encore. Plusieurs — Carlos le chacal, Roger Garaudy, Jacques Vergès, Yvonne Ridley et H. Rap Brown — se sont convertis à l’islam. D’autres réagissent avec euphorie à la violence et à la brutalité de l’islamisme. Le compositeur allemand Karlheinz Stockhausen a qualifié les attentats du 11 septembre 2001 de «plus grande œuvre d'art imaginable pour tout le cosmos» et feu le romancier américain Norman Mailer trouvait ses auteurs «brillants».

 

Et rien de tout cela n’est nouveau. Pendant la guerre froide, les islamistes préféraient l’Union soviétique aux États-Unis. Pour reprendre les termes utilisés par l’ayatollah Khomeiny en 1964, «l’Amérique est pire que la Grande-Bretagne, la Grande-Bretagne est pire que l’Amérique et l’Union soviétique est pire que les deux. Chacun d’eux est pire que les autres, chacun d’eux est plus abominable que les autres. Mais aujourd’hui, nous avons affaire à cette entité malveillante qu’est l’Amérique.» En 1986, j’écrivais que «l’URSS ne subit guère qu’une petite partie de la haine et du venin destinés aux États-Unis».

 

Les gauchistes retournaient le compliment. En 1978-79, le philosophe français Michel Foucault a manifesté un grand enthousiasme pour la Révolution iranienne. Comme l’expliquent Janet Afary et Kevin B. Anderson,

 

Tout au long de sa vie, la conception de l’authenticité nourrie par Michel Foucault a consisté à observer des situations dans lesquelles les gens vivent dangereusement et flirtent avec la mort, source de créativité. Dans la tradition de Friedrich Nietzsche et Georges Bataille, Foucault aimait l’artiste qui dépasse les limites de la rationalité et il défendait avec fougue les irrationalités qui franchissaient de nouvelles frontières. En 1978, Foucault trouva de telles forces transgressives dans le personnage révolutionnaire de l’ayatollah Khomeiny et des millions de gens qui risquaient la mort en le suivant dans sa Révolution. Il savait que des expériences aussi «limites» pouvaient conduire à de nouvelles formes de créativité et il lui donna son soutien avec ardeur.

 

Un autre philosophe français, Jean Baudrillard, présentait les islamistes comme des esclaves en rébellion contre un régime oppressif. En 1978, Foucault qualifiait l’ayatollah Khomeiny de «saint» et, une année plus tard, l’ambassadeur de Jimmy Carter aux Nations Unies, Andrew Young, parla de lui comme d’«une sorte de saint».

 

Cette bonne volonté peut paraître surprenante compte tenu des profondes différences séparant les deux mouvements. Les communistes sont des laïques athées et gauchistes; les islamistes exécutent les athées et imposent des lois religieuses. La gauche exalte les travailleurs; l’islamisme privilégient les musulmans. L’une rêve d’un paradis des travailleurs, l’autre d’un califat. Les socialistes veulent le socialisme; les islamistes acceptent le marché libre. Le marxisme implique l’égalité des sexes; l’islamisme opprime les femmes. Les gauchistes condamnent l’esclavage; certains islamistes l’approuvent.

 

Comme le relève le journalise Bret Stephens, la gauche a consacré «les quatre dernières décennies à prendre fait et cause pour les libertés que l’islam rejette le plus résolument: liberté sexuelle et matrimoniale, droits des homosexuels, liberté de religion, pornographie, diverses formes de transgression artistique, pacifisme et ainsi de suite».

 

Ces divergences semblent éclipser les quelques ressemblances qui sont apparues à Oskar Lafontaine, l’ex-président du Parti social-démocrate allemand: «L’islam est basé sur la communauté, ce qui le place en opposition avec l’individualisme extrême sur le point d’échouer en Occident. [De plus,] le musulman pieux est tenu de partager ses biens avec autrui. L'esprit de gauche souhaite également voir le fort aider le faible.»

 

Pourquoi, dans ce cas, la création de ce que David Horowitz appelle l’«Alliance impie» entre la gauche et l’islamisme? Essentiellement pour quatre raisons.

 

Premièrement, comme l’explique le politicien britannique George Galloway, «le mouvement progressiste des quatre coins du monde et les musulmans ont les mêmes ennemis», à savoir la civilisation occidentale en général et les États-Unis, la Grande-Bretagne et Israël en particulier, de même que les juifs, les chrétiens croyants et les capitalistes internationaux. En Iran, selon l’analyste politique de Téhéran Saeed Leylaz, «depuis cinq ans, le gouvernement permet à la gauche d’exercer afin, concrètement, d’opposer une résistance aux religieux libéraux».

 

Leurs discours sont interchangeables: Harold Pinter décrit l’Amérique comme «un pays géré par une bande de fous criminels» et Osama bin Laden qualifie le pays d’«injuste, criminel et tyrannique». Pour Noam Chomsky, l’Amérique est «l’un des principaux états terroristes» et Hafiz Hussain Ahmed, un leader politique pakistanais, en parle comme du «plus grand état terroriste». Ces points communs suffisent à convaincre les deux parties de négliger leurs nombreux désaccords pour favoriser la collaboration.

 

Deuxièmement, les deux parties partagent certains objectifs politiques. Leur alliance a été forgée symboliquement en 2003 à Londres par une manifestation géante commune d’opposition à la guerre contre Saddam Hussein. Les deux parties souhaitent que les forces de la coalition échouent en Irak, que la guerre contre le terrorisme soit abandonnée, que l’antiaméricanisme se répande et qu’Israël soit éliminé.

Elles s’accordent également sur l’immigration de masse et sur le multiculturalisme en Occident. Elles coopèrent sur ces plans lors de meetings, tels que la Conférence anti-guerre du Caire, qui rassemble les gauchistes et les islamistes autour d’une «alliance internationale contre l’impérialisme et le sionisme».

 

Troisièmement, l’islamisme a des liens historiques avec le marxisme-léninisme. Sayyid Qutb, le penseur islamiste égyptien, a adopté la notion marxiste d’étapes historiques auxquelles il ajoute simplement un postscriptum islamique; il a ainsi prédit qu’une ère islamique éternelle s’instaurerait après la chute du capitalisme et du communisme. Ali Shariati, l’intellectuel clé derrière la révolution iranienne de 1978–79, a traduit Franz Fanon, Che Guevara et Jean-Paul Sartre en persan. D’une manière plus générale, l’analyste iranien Azar Nafisi relève que l’islamisme «tire son langage, ses objectifs et ses aspirations au moins autant des formes les plus grossières du marxisme que de la religion. Ses leaders sont aussi influencés par Lénine, Sartre, Staline et Fanon que par le prophète.»

 

Passant de la théorie à la pratique, les marxistes voient dans les islamistes une étrange concrétisation de leurs prophéties. Marx annonça que les bénéfices des entreprises s’effondreraient dans les pays capitalistes et que leurs dirigeants réagiraient en saignant à blanc les travailleurs; le prolétariat allait connaître la pauvreté et la rébellion avant d'établir un ordre socialiste. Mais le prolétariat des pays industrialisés est au contraire devenu toujours plus aisé et son potentiel révolutionnaire s’est évanoui.

Lee Harris note ainsi que les marxistes ont attendu en vain la crise du capitalisme pendant un siècle et demi. Puis vinrent les islamistes, à commencer par la révolution iranienne, suivie des attentats du 11 septembre et autres attaques contre l’Occident. Enfin le tiers monde avait entamé sa révolte contre l’Occident, réalisant les prédictions marxistes — quoique sous la mauvaise bannière et avec des objectifs incorrects.

Olivier Besançonneau, un gauchiste français, considère les islamistes comme «les nouveaux esclaves» du capitalisme et demande s’il ne serait pas «naturel qu'ils s'unissent à la classe ouvrière pour détruire le système capitaliste». Comme l’observent l’analyste Lorenzo Vidino et le journaliste Andrea Morigi, à une époque où le mouvement communiste est «en ruines», les Nouvelles Brigades Rouges italiennes reconnaissent «le rôle dominant des ecclésiastiques réactionnaires [islamiques]».

 

Quatrièmement, le pouvoir: les islamistes et les gauchistes peuvent obtenir davantage en s’unissant que séparément. En Grande-Bretagne, ils ont formé ensemble la Stop the War Coalition, dont le comité directeur comprend des représentants d’organisations telles que le Parti communiste britannique et la MAB (Muslim Association of Britain). Le Parti du Respect britannique amalgame le socialisme international radical et l’idéologie islamiste. Les deux parties ont joint leurs forces pour l’élection du Parlement européen en mars 2008, proposant des listes communes de candidats en France et en Grande-Bretagne sous des désignations de parti peu révélatrices.

 

Les islamistes bénéficient particulièrement des accès, de la légitimité, des talents et de l’impact que leur procure la gauche. Cherie Booth, l’épouse de Tony Blair, alors Premier ministre, a plaidé au niveau de la Cour d’appel pour aider une jeune fille, Shabina Begum, à porter le jilbab, un vêtement islamique, dans une école britannique. Lynne Stewart, un avocat de gauche, a enfreint les lois américaines et a fait de la prison pour aider Omar Abdel Rahman, le cheikh aveugle, à fomenter une révolution en Égypte.

 

Volkert van der Graaf, un fanatique des droits des animaux, a tué le politicien hollandais Pim Fortuyn pour l’empêcher de transformer les musulmans en «boucs émissaires». Vanessa Redgrave a financé la moitié d’une caution de 50.000 livres pour permettre à Jamil el-Banna, un suspect de Guantánamo accusé d’avoir recruté des djihadistes pour aller se battre en Afghanistan et en Indonésie, de sortir d’une prison britannique; Redgrave a déclaré considérer son geste en faveur d’el-Banna comme «un profond honneur», bien que l’homme soit recherché en Espagne pour des accusations liées au terrorisme et soit suspecté d’entretenir des liens avec Al-Qaïda. À une plus grande échelle, le Parti communiste d’Inde a fait le sale travail de Téhéran en retardant de quatre mois le lancement de TecSar, un satellite espion israélien. Et des gauchistes ont fondé l’International Solidarity Movement pour empêcher les forces de sécurité israéliennes de protéger le pays contre le Hamas et les autres groupes terrorises palestiniens.

 

Dans le Spectator de Londres, Douglas Davis qualifie cette coalition d’«aubaine pour les deux parties. La gauche, alors une maigre bande de communistes, de trotskystes, de maoïstes et de castristes, s’accrochait à la lie d’une cause en bout de course; les islamistes pouvaient fournir les foules et la passion, mais ils avaient besoin d’un véhicule, d’un moyen de prendre pied sur la scène politique. Il devenait ainsi impératif de conclure une alliance tactique.» Ou, plus simplement, pour reprendre les termes d’un gauchiste britannique, «les avantages pratiques de la coopération permettent de compenser les divergences».

 

Le rapprochement croissant des gauchistes et des islamistes est l’un des développements politiques actuels les plus préoccupants, car il entrave les efforts d’autoprotection de l’Occident.

 

Lorsque Staline et Hitler ont conclu leur pacte tristement célèbre de 1939, l’alliance rouge-brune a constitué un danger mortel pour l’Occident et, en fait, pour la civilisation elle-même.

 

La coalition actuelle représente la même menace, d’une manière certes moins spectaculaire mais non moins certaine.

 

Et comme sept décennies auparavant, celle-ci doit être mise en lumière, dénoncée, rejetée et vaincue.

 

Titre original : « La menace alliée [islamiste-gauchiste] » par Daniel Pipes sur National Review

Par Ofek - Publié dans : Analyses géopolitiques internationales
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Mercredi 2 juillet 2008 3 02 /07 /Juil /2008 10:40

Faut-il qu'Israël négocie la paix avec la Syrie ?

 

La Syrie est un état voyou et une dictature dont les principales ressources proviennent de l'exploitation du Liban (pavot, contrebande, fausse monnaie, un million d'emplois de Syriens qui ont pris la place des Maronites qui ont quitté le pays). La satellisation du Liban est la principale préoccupation de la Syrie, avec la survie du régime syrien. Pour se maintenir, le régime minoritaire alaouite a besoin de troubles et de répression. Il n'a que faire des idées américano-israéliennes de démocratie et de liberté.

 

En essayant de récupérer le Golan, le président Bashar al Assad efface l'affront subi le 6/9/07, lors de la destruction par Israël d'une centrale à plutonium qu'il construisait secrètement. A travers un semblant d'accord avec Israël, il ne reche